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le Jeudi 7 mai 2009 15:54 Culture

Musique baroque Une scène multiculturelle

Musique baroque Une scène multiculturelle
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Hay River et Fort Smith accueillent la troisième édition du Festival international de luth des TNO. Le programme de cette année réunira deux musiciens de Hay River avec deux concertistes de renommée mondiale, l’un du Nouveau-Brunswick, le second de la France.

 

Tyler Hawkins est connu à Hay River en tant qu’enseignant, bien sûr, mais surtout en tant que musicien de cordes. Sa passion pour la guitare, depuis l’âge de sept ans, a grandi au fur et à mesure qu’il a acquis plusieurs instruments. Récemment, il a acheté un luth qu’il a commandé en Angleterre et fait fabriquer avec des bois qu’il a choisis lui-même. C’est lui qui est à l’origine de cet étonnant festival de luth dans le Grand Nord canadien.

« Il y a trois ans, j’ai acheté un cédérom de musique de luth au musée des Civilisations à Ottawa, se souvient-il. Lorsque j’ai écouté cette musique, j’ai été immédiatement séduit et voulu moi-même apprendre l’instrument. L’interprète était Michel Cardin, du Nouveau-Brunswick, qui a accompli l’exploit de jouer et d’enregistrer toutes les œuvres du Manuscrit de Londres de Leopold Silvius Weiss, le plus prolifique compositeur de musique baroque pour luth entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. »

Cette musique baroque, riche, soyeuse et rebondissante, est la plus belle période de création de pièces musicales pour luth. À cette époque l’instrument était très populaire et beaucoup de musiciens se produisaient en concerts privés et publics. Puis il est tombé en disgrâce lorsque le piano a été développé pour devenir l’instrument à cordes favori. Aujourd’hui l’intérêt pour le luth semble reprendre de l’ampleur, bien que le nombre de joueurs dans le monde demeure limité.

Au Canada, Michel Cardin est le plus célèbre. « Je voulais vraiment l’entendre en concert, explique M. Hawkins. J’ai demandé à Ben Nind, directeur artistique du Northern Arts and Culture Centre, comment on pourrait l’inviter pour cela. Il m’a aidé à mettre en place le premier festival qui a eu lieu en 2007, à condition que je joue moi aussi au cours du concert. »

Cette première rencontre musicale a eu lieu à l’école Boréale de Hay River puis à Yellowknife. En février 2008, un musicien américain, Nigel North, fut invité à jouer durant deux jours et à animer une table ronde autour de l’histoire et des techniques du luth. Où l’on a pu apprendre, par exemple, que les compositions pour le luth étaient très différentes d’un pays européen à l’autre, chaque pays ayant ses propres règles d’écriture et d’interprétation qui ne pouvaient pas être retranscrites d’une région à l’autre. Ainsi, une œuvre d’origine italienne ne pouvait pas être interprétée par un musicien allemand, puisque ce dernier n’avait pas appris les règles italiennes. Chaque pays avait ses propres tablatures, induisant ses propres écoles de formation musicales, entraînant par là même une émotion culturelle unique chaque pays.

Dans le festival qui aura lieu les 8 et 9 mai prochains, nous entrerons en contact, à notre tour, avec des émotions d’origines culturelles différentes, non seulement par la musique elle-même, mais aussi grâce aux berceaux culturels différents des interprètes, tour à tour anglophones et francophones, nord-américains et européens.

Car, cette année, c’est un Portugais, Miguel Serdoura, qui viendra directement de l’Europe où il a acquis une réputation mondiale dans sa spécialité. Il a suivi sa formation musicale au Conservatoire Supérieur de Paris dans le département de Musique Ancienne. Outre les concerts, il enseigne le luth baroque et le luth renaissance.
Ce festival international de luth baroque des TNO est unique au Canada.