L’écriture m’a toujours passionné. Plus complexe qu’un casse-tête ou que des mathématiques, la langue française nous offre tant de façons différentes d’en venir à bout. Il y a mille façons d’exprimer la même chose, alors comment s’y prendre?
Personnellement, je trouve que j’écris toujours mieux à la dernière minute. Avant la naissance de mon fils, sachant que je manquerais de temps à son arrivée, j’ai composé mon premier livre en moins d’une semaine. J’avais eu le projet en tête depuis longtemps, j’avais même essayé maintes fois de commencer l’histoire, mais sans succès. Il m’a fallu un bon gros temps libre et un certain désarroi avant de pouvoir écrire quelque chose qui avait de l’allure. Il me semble que cette anxiété de dernière minute est un des ingrédients magiques d’une écriture poignante. Pour moi, cette sensation semble plus vivace, passionnée et inexplicable que du simple stress. Quand cela m’arrive, je peux presque sentir les influx nerveux se propager à toute vitesse sur les autoroutes neuronales de mon cerveau.
Avant tout cela il me faut le temps de bien y penser. Pour donner le temps aux idées de s’entremêler sans réflexion forcée. En marchant, ou pendant un moment tranquille, mes pensées effleurent les diverses façons de formuler mon histoire. Un début se présente, parfois une fin, ou bien un personnage me vient à l’esprit. Souvent ce sont des idées passagères qui n’aboutissent à rien, mais que je sauvegarde dans ma mémoire tout de même, car certaines d’entre elles sont précieuses, elles formeront l’histoire éventuelle et nul ne peut les différencier à ce stade.
Après que l’histoire a pris forme, alors vient la correction. Une tache qui peut sembler interminable! Peut-être faut-il se donner l’objectif de ne pas atteindre la perfection, mais je trouve pénible ce processus. Essayer d’assurer qu’aucune faute ne se pointe dans son écriture une fois terminée n’est pas tâche facile. J’entends la voix de ma mère me répéter des règles de grammaire et mon pouls s’accélère. Encore plus troublant que de venir changer ce qui cloche. Une phrase bien aimée qu’on l’on doit supprimer, car elle abîme celles qui la précèdent ou la succède. Des paragraphes entiers que l’on doit retravailler pour donner un sens correct. L’on peut perdre des semaines, des mois, voire des années à cette tâche qui n’est jamais réellement terminée. Voilà la beauté, mais aussi le malheur de l’écriture. Il n’y a pas qu’une façon de s’exprimer, il y en a milles!
Le livre Anne’s dogsledding Adventure est disponible en communiquant avec l’auteure à [email protected]
