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le Jeudi 21 octobre 2010 11:40 Culture

Le soixantième parallèle de Didier Leclair Une fiction nordique, très inspirée

Le soixantième parallèle de Didier Leclair Une fiction nordique, très inspirée
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L’auteur Didier Leclair présente, le 22 octobre, son tout dernier livre, intitulé Le soixantième parallèle, dans lequel on rencontre Mark, un agent de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), qui vit à Misty River, une collectivité fictive située sur les rives du Grand lac des Esclaves. L’Aquilon s’est entretenu avec l’auteur.

 

Trafic de drogues, « populations autochtones vivant dans des logements insalubres où la tuberculose et le suicide font des ravages chez les jeunes » et solidarité suspicieuse entre collègues de la GRC sont, dans ce nouveau roman, le lot quotidien du personnage principal, autour duquel tourne l’histoire. Arrivé il y a tout juste un an dans cette collectivité fictive, où un agent a été tué deux ans auparavant, Mark y verra l’occasion de replonger dans son passé tout en découvrant les réalités complexes qui l’entourent.

 

« À prendre avec des gants »

Dans ce nouveau titre des Éditions du Vermillon, qui selon son auteur, relève de la fiction, on flirte avec la réalité de la profession d’agent de la GRC, des petites collectivités isolées et du crime. S’il affirme ne faire aucune référence directe à des événements réels, l’auteur avoue, d’un ton prudent, aborder des sujets tabous : « J’essaie de montrer des choses peut-être qu’on ne dit pas à haute voix ». S’il est question du trafic de drogues, Didier Leclair assure « qu’elle n’est pas abordée de façon à penser que tout le monde se drogue et que tout le monde se saoule ».

 

Pour parvenir à dresser un portrait juste de ce Nord qu’il n’a jamais eu la chance de visiter, M. Leclair a affirmé avoir effectué beaucoup de recherches et de lectures. Il a cependant tenu à conserver un aspect fictif à son récit : « Je voulais m’approprier ces endroits qui, parce qu’ils sont un peu loin, échappent un peu à l’attention des Canadiens plus au sud ». Le soixantième parallèle, qualifié par l’Association de la presse francophone de « lumière révélatrice sur le Nord canadien », se veut en fait être le projecteur sur une réalité autre que celle que vivent les gens au sud du pays. L’auteur rappelle être une personne de l’extérieur : « Il faut prendre ça avec des gants, quand même ».

 

En présentant Mark, l’auteur Didier Leclair tente de donner un portrait plus humaniste non seulement d’une profession – en entrevue avec L’Aquilon, l’écrivain a déclaré : « Ce n’est pas parce qu’on est gendarmes que nous ne sommes pas humains » – mais aussi de toute une région canadienne. « Ce n’est pas pire qu’ailleurs », soutient d’ailleurs l’auteur qui affirme avoir tenté de s’éloigner des stéréotypes en présentant de nombreux personnages issus de plusieurs milieux. « Ce n’est pas pour jeter la pierre, c’est pour essayer de mettre en exergue, en lumière, un peu les problèmes qui pourraient, à mon avis, être résolus s’il y avait un peu plus d’humanisme, un peu plus de compassion. »

À rappeler que Le soixantième parallèle est disponible, en librairie ou sur commande, depuis aujourd’hui. Il s’agit du quatrième roman de l’auteur. En 2001, celui-ci s’est vu remporter le prix trillium, une récompense distincte pour les écrivains francophones de l’Ontario, grâce à son roman Toronto, je t’aime.