Mettre un k à la fin de ce doux prénom n’ajouterait rien à la rime. Elisapie Isaac est déjà tellement Nord que c’est en ambassadrice du folk septentrional qu’elle revient sur la scène du Folk on the Rocks de Yellowknife.
Après une première visite en 2005, où elle avait célébré les 25 ans du festival de musique le plus couru des Territoires du Nord-Ouest, la chanteuse Elisapie Isaac remontera sur la grande scène du Folk on the Rocks.
« Je suis vraiment excitée, je suis déjà allée à Folk on the Rocks, mais évidemment, c’est la première fois depuis mon projet solo. J’ai tellement de bons souvenirs des shows, des collaborations et des rencontres que l’on a faits. Alors, je suis vraiment contente », reconnait l’ancienne membre du duo Taima, en insistant que c’est un coin de pays qu’elle aime découvrir.
La chanteuse originaire de Salluit au Nunavik dit apprécier les collaborations spontanées, les ateliers autour du folk que l’on retrouve dans ce genre de festival. « C’est l’humain, l’artiste même qui m’attire. Je ne pense pas vraiment être attirée par un artiste parce qu’il représente sa culture, mais par la façon dont il amène son art à travers sa culture. Pour moi c’est cela, c’est tellement plus fort, c’est le côté ouverture d’esprit que j’aime. »
Le Nord, c’est quelque chose de nécessaire pour celle qui réside à Montréal. À la limite, argumente-t-elle, il n’y a rien de plus important. Alors que plusieurs de ses chansons sont interprétées en inuktitut, Elisapie Isaac se plaît à chanter devant un public du Nord. « Il n’y a rien de meilleur que le public du Grand Nord, le public inuit qui vient t’écouter, qui est fier de toi. C’est vraiment une affaire de partage, une émotion! Tu leur apportes quelque chose et en même temps ils te donnent tellement plus d’assurance », décrit Elisapie Isaac.
Elle raconte que certaines de ses chansons s’adressent directement aux aînés. C’est le cas d’Arnaapik, qui, selon elle, est reconnue presque à l’unanimité comme leur chanson préférée. Cette chanson à la guitare qui vole tel du coton arctique se conclut par un train d’« aiya ya » modernes qui résonnent toute la grandeur d’un univers à découvrir. « Arnaapik parle d’une petite fille, qui est déjà une petite femme finalement. La chanson explique que le monde, l’univers est immense et qu’il faut qu’elle regarde toujours plus haut, plus loin, même si l’on veut qu’elle nous suive. C’est un peu un deuil que l’on fait de notre enfant qui va faire sa vie à lui aussi, mais à qui l’on rappelle de toujours regarder les étoiles pour ne pas se perdre. »
Cette artiste trilingue, qui tente actuellement une percée dans le marché états-unien, ne chante qu’une seule chanson en français dans un spectacle qu’elle dit rodé, mais toujours adaptable au public. « J’ai toujours le même band, on est un trio de musiciens multi-instrumentistes, alors ce n’est pas un show qu’on change constamment. Il est rodé, on a fait au-dessus de 100 shows depuis un an. »
Ainsi, la traditionnelle contribution francophone de ce bouillon de musique estival viendra cette année d’un autre Montréalais : Bernard Adamus.
