Le personnage d’Annie Groovie délie les ficelles de la lecture et des expressions.
Il est amusant, il a qu’un œil, des cheveux noirs dressés en brosse à balai sur une tête toute ronde, il n’a pas de nez, pas de cou, mais toujours le sourire. Ses bras sont trop longs, et ses jambes trop petites, mais dans toutes ses imperfections, Léon est parfait pour rejoindre tous les enfants et les tirer vers des histoires amusantes et instructives.
De tous âges, les jeunes se plongent dans les livres écrits pas Annie Groovie. Ils rient, ils lient, et apprennent quelque chose sans vraiment s’en rendre compte.
« C’était le but au début, de dire Annie Groovie, je n’avais jamais fait ça dans ma vie des livres, mais je voulais faire des livres pour enfants. L’intention était de faire un livre pour qu’ils apprennent quelque chose sans que ce soit un livre pédagogique plate. Je ne voulais pas que quand ils lisent mes livres, ils aient l’impression d’être à l’école et faire des leçons. Sauf qu’avec l’humour tu peux faire passer bien des choses », argumente l’auteure en expliquant que son livre Léon et les bonnes manières fait passer un message tout en amusant l’enfant. « J’appelle ça le cheval de Troy de l’apprentissage. L’enfant apprend sans s’en rendre compte », s’amuse l’auteure Québécoise.
Quand elle fait ses interventions dans les écoles, Annie Groovie se rend bien compte du phénomène d’entrainement que génèrent ses visites. « Que ce soit moi ou un autre auteur, c’est sûr que les jeunes vont avoir le goût d’ouvrir un livre de la personne qui est venue, ou de se mettre à dessiner ». Avec les plus jeunes, elle aime démontrer la façon dont elle dessine Léon ou son ami Le Chat qu’il taquine gentiment ou encore Lola son amie cyclope qui lui joue toute sorte de musique à travers les oreilles.
Né en 2002, mais publié depuis 2004, Léon était seul à ses débuts. Ses deux amis se sont greffés au fil du temps et de l’esprit créateur d’Annie Groovie. « Dans les expressions que j’illustrais, il y avait souvent un chat qui revenait, alors je me suis dit qu’au lieu d’utiliser n’importe quel chat qui passe, je pourrais créer un personnage chat et il est devenu l’ami de Léon par la force des choses. Et la fille est arrivée dans le troisième livre quand j’ai parlé des bonnes manières, car avec les deux garçons je me suis dit qui fallait une fille pour équilibrer un peu la dynamique », explique Annie Groovie qui assure qu’elle n’a pas vraiment l’intention de se départir de son trio en ajoutant d’autres personnages. « Pourtant, se résout-elle, j’écris les livres pour les enfants, et il n’y a pas une intervention que je fais sans qu’un jeune me demande s’il va y avoir un nouveau personnage. Et c’est drôle c’est toujours le chien qui revient, car les enfants aiment les animaux. »
Si Annie Groovie cherchait de l’inspiration, ce n’est pas les idées d’amis qui lui manqueront après sa visite d’une semaine aux Territoires du Nord-Ouest. Grâce à la contribution de l’organisme Canadien Parent for French et de la Commission scolaire francophone, l’auteur a visité les classes d’immersions ainsi que les deux écoles francophones de Yellowknife et de Hay River. À L’école J.H. Sissons, un mur entier de l’entrée a été rempli avec les multiples amis du Nord imaginés par les élèves. Si elle ne trouve pas un chien de traineau cyclope parmi tous ces personnages, c’est assurément qu’Annie Groovie avait déjà une petite idée qui germait entre ses deux lulus.
BV : Devant les classes, Annie Groovie dessinent souvent les trois personnages des ses livres. (Photo : Maxence Jaillet)
