Un photographe ténois attrape quelques clichés en plein vol.
Sur une période de 10 mois, Brent Reaney a survolé les alentours de Yellowknife, un appareil photo à la main. Assis à côté de lui, son ami, le pilote Jeroen Slagter tenait quant à lui le manche à balais du Cessna qui quadrillait un espace de 100 kilomètres à la ronde. Le résultat : une exposition d’une vingtaine de clichés volés à la nature ténoise, dans un lieu tout aussi naturel : le café du fumoir de la collectivité autochtone de N’Dilo.
L’artiste et le pilote qui ont reçu une bourse du Conseil des arts des TNO pour ce projet, revendiquent un accès à une nature diversifiée, colorée, fleurissante ou parfois cristallisée par la glace et la neige. Même si ces morceaux choisis de nature ténoise sont limités par la taille de leur impression sur canevas, c’est tout le mouvement d’une rivière, l’immensité d’un lac gelé, ou encore l’espace infini entre le ciel et l’horizon qui s’expriment devant les yeux du public.
Et le public a une place de choix, pour Brent Reaney. Selon lui, le public va réussir à élever ses photos jusqu’à la réalité d’une communauté. « Je veux amener les gens à se rencontrer et à discuter devant des choses. C’est peut-être bataille perdue, mais combien de fois regardez-vous des photos sur Internet, seul devant votre écran en les faisant défiler à vive allure. Elles peuvent être 10 fois meilleures que les miennes, mais vous ne pensez pas à elles, vous n’en parlez pas, elles défilent simplement », d’élaborer le photographe, qui affirme aimer les expositions et vouloir en faire plus.
Si l’œil du public en général a déjà été habitué à apprécier ce point de vue aérien de l’environnement, il reste que découvrir celui qui gît dans un rayon de 100 km de leur maison est une expérience artistique assurément nouvelle pour les citadins de Yellowknife. « Je suis intéressé par des photos ou de l’art que j’ai l’impression de n’avoir jamais vu auparavant. C’est tout de même commun comme quête pour des gens qui créent, mais je suis motivé à faire des choses un peu différentes et de les présenter différemment également », dit-il, en justifiant sans prétention le choix de cet espace d’exposition en plein cœur de la collectivité autochtone.
