Féminité, créativité et professionnalisme : une trentaine de femmes s’affirment sur la scène la plus coquine de Yellowknife.
Pour la troisième année consécutive, le spectacle « Brrrlesque » mène toute une communauté sur les pentes excitantes de la séduction. Les centaines de spectateurs qui ont réussi à obtenir des places pour la générale du 23 ou les spectacles du 24,25 et 26 janvier sont assurés d’aller visiter les quartiers intimes de leur communauté. Effeuillage, direz-vous! Bien sûr, mais dans un hiver où les arbres ne peuvent déjà plus se cacher, c’est toute la personnalité, la confiance en soi et la créativité de ces belles qui se dévoilent.
La metteure en scène de ce rendez-vous qualifié du « plus chaud en ville » estime que le public veut être diverti. Erika Nyyssonen avance que cette production amateur augmente de calibre à chaque édition. « Chaque année, nous essayons d’améliorer l’organisation un peu plus. Cette année, nous avons imposé une audition afin de saisir une impression de ce que pourrait être le spectacle en fin de compte, mais également de donner l’opportunité à ces femmes de se préparer ». Les spectateurs s’attendent à ce que les prestations soient « classes et séduisantes » comme le dit celle qui joue le rôle de Gracey Finass. Elle dépose cette réputation sur les épaules de toute la troupe : ces mesdames tout le monde qui, certaines plus expérimentées que d’autres, se prêtent au jeu d’incarner le talent et la beauté devant une audience avertie.
« Ce spectacle renforce les femmes qui performent. Elles font face aux insécurités féminines lorsqu’elles sont sur scène et d’entendre le public, applaudir, crier et siffler comme il est permis de le faire dans un spectacle burlesque, leur donne également de l’énergie pour s’affirmer sur les planches. »
Devant ces performances osées, la communauté de Yellowknife peut penser applaudir plusieurs femmes qu’elle côtoie quotidiennement, mais dans l’esprit de ces chorégraphes, danseuses ou chanteuses, c’est vers le personnage que toutes les fleurs sont lancées.
« Quand on monte sur scène en général, on est déguisé ou on est en costume. Une danseuse classique va porter un tutu, en danse moderne on porte un justaucorps. Là, pour le Burlesque, nous ne sommes pas toutes nues, on a des collants, différents costumes qui nous tiennent habillées. Et puis ce n’est pas moi Pascaline qui est sur les planches, c’est mon personnage. C’est comme au théâtre, c’est un rôle que je joue », d’expliquer Manzelle Olila Folie.
« Quand tu inventes ton personnage, tu es cette personne-là pour le spectacle, tu n’es plus Michelle », argumente Inés Capable. Dans cette affirmation artistique, ces séductrices, provocatrices ou timides incarnées sur scène, s’inventent d’ailleurs une biographie qui diffère (ou non) du caractère et du passé de ces femmes qui les personnifient.
Originaire de France, Olila Folie, affiche fièrement sa francophonie au sein de ses prestations depuis les trois dernières années. « Ce que j’aime c’est toujours mettre une petite touche francophone. Je suis assez fière d’être parvenue jusqu’à présent à mettre ma musique en français ou à ajouter un truc qui fait que ma thématique va refléter la francophonie ». Cette année, avec Inés Capable et Ginger Snap, Olila Folie forme un trio qui exécute un French Cancan digne des revues parisiennes.
