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le Vendredi 9 septembre 2005 0:00 Environnement

Le rapport officiel enfin disponible

Le rapport officiel enfin disponible
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La Table Canada-Déline sur l’Uranium a déposé, mardi, le rapport final sur les questions de santé et d’environnement liées à la mine de Port Radium.

Rappelons que Port Radium, située sur la rive est du Grand lac de l’Ours, est une mine découverte dans les années 1930 par le prospecteur Gilbert Labine. On y a d’abord extrait du radium comme son nom l’indique, puis de l’uranium, dans les années 1940 – le même uranium qui a servi à construire les bombes larguées sur Hiroshima et Nagasaki. L’histoire veut que des Dénés employés pour le transport du minerai soient décédés de cancer. De 1964 à 1982 la mine a été recyclée en mine d’argent, après quoi elle a été définitivement fermée. Il s’agit, en outre, d’un site contaminé désigné « prioritaire » par Environnement Canada.

Selon le rapport déposé cette semaine, aucun Déné de Déline n’était à l’emploi de la mine de Port Radium. On note cependant que des Dénés, 35 en tout, travaillaient au transport du minerai pour le compte de la Northern Transportation Company, une compagnie de la couronne à cette époque. On indique également qu’aucun vêtement de protection n’était fourni aux travailleurs qu’ils soient Blancs ou Dénés. « Les normes n’étaient pas les mêmes, à l’époque », commente David Kennedy, analyste principal de la Terre et des Eaux au ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) et co-auteur du rapport.

Quant aux conséquences sur la santé liées à la vieille mine, aucun lien entre les décès par cancer des transporteurs de minerai connus n’a pu être établi. Selon des modèles épidémiologiques présentés dans le rapport, il aurait été raisonnable de penser que, sur les 35 travailleurs, une dizaine aient contracté un cancer. On ajoute que compte tenu du niveau d’exposition à la radioactivité auquel ils faisaient, face de un à deux cas de cancers supplémentaires seraient probables. La tradition orale de Déline veut, quant à elle, que quinze transporteurs de minerai soient décédés de cancer.

Selon les modèles proposés, il appert que les « doses » de radiation auxquels ont pu faire face les Dénés de Déline sont, dans tous les cas étudiés, inférieures au seuil de tolérance humainement acceptable.

Moral

La conséquence la plus importante qu’a eu Port Radium sur la santé de la population de Déline est psychologique semble indiquer le rapport. Ce serait en effet le moral de la communauté qui aurait le plus pâti.

Jennifer Blomqvist, co-auteure du rapport ayant travaillé durant trois ans avec la communauté de Déline, suggère qu’une « reconnaissance publique des torts causés par Port Radium » serait une bonne façon de contribuer à la guérison des personnes affectées.

Et l’environnement…

Entre autres choses, le rapport propose un plan détaillé de « restauration » du site contaminé par l’activité minière.

Le plan prévoit notamment que tous les sites où la radiation dépasse la norme de 250 microsieverts à l’heure (µR/h) soit ramenés sous la barre des 100 µR/h. Le site le plus grandement contaminé par les radiations serait la zone dite de la jetée du cap Silver située sur la rive de la baie Labine. À port Radium, on compte au moins cinq autres sites dépassant la norme acceptable de radiation.

Le rapport recommande que la restauration se fasse « le plus rapidement possible ». Les coûts de mise en œuvre du plan de restauration n’ont pas, non plus, été explicités. Mentionnons, cependant, que, lors de son passage aux TNO le mois dernier, le ministre de l’Environnement, Stéphane Dion, avait annoncé des fonds pour la restauration de Port Radium.

Le plan de restauration ne propose rien pour les autres sites contaminés situés le long de la rivière Great Bear, ni pour le dépôt « temporaire » de déchets radioactifs construit à Tulita il y a plus de dix ans. Ces sites-là, a-t-on expliqué, relèvent d’autres agences fédérales.

« Il reste encore plusieurs préoccupations sur lesquelles nous devront nous pencher », a commenté le négociateur de la Première nation de Déline, Danny Gaudet.

La réalisation de ce rapport a été rendue possible grâce à une collaboration étroite avec la communauté de Déline.

Le chef de Déline, Walter Bayha, a accueilli le rapport avec enthousiasme. « Ce qui préoccupait nos ancêtres a finalement été mis sur papier », a déclaré celui qui est en poste depuis quatre mois.

Il aura fallu cinq ans et 7 800 000 dollars pour produire ce rapport.