La Chambre de commerce des TNO a peur de ne pas pouvoir profiter de la manne du gaz. Elle presse les politiques de travailler plus hardiment pour que le gazoduc de la vallée du Mackenzie se matérialise.
Dans une lettre ouverte publiée le 31 octobre, la Chambre de commerce affirme que l’incertitude qui plane autour du mégaprojet met les entrepreneurs du Nord en mauvaise posture. Il serait plus difficile pour eux d’obtenir des prêts et certains craignent de perdre leurs investissements advenant que le projet n’aboutisse pas promptement.
Dans cet appel qui se veut urgent, la Chambre de commerce arrime sa position avec celle des promoteurs du projet. Reprenant les arguments défendus par Imperial Oil et les autres, elle affirme qu’Ottawa n’est pas assez souple financièrement avec le consortium gazier. Elle raille aussi les « groupes autochtones » qui se plaignent qu’ils ne recevront pas de compensation suffisante pour l’accès à leurs terres alors que le gouvernement canadien a consenti à leur octroyer 500 millions de dollars en indemnités.
Le président de la Chambre, Mark Walker, exige « un support immédiat et univoque au projet » de la part du gouvernement fédéral. « La balle est clairement dans leur camp, dit-il, et il est impératif que [les fédéraux] agissent immédiatement pour éliminer tous les obstacles susceptibles de miner ce projet. Ils doivent aussi travailler avec diligence, et dès maintenant, pour s’assurer du support des Autochtones. »
Le président de la Chambre de commerce insiste aussi que le fédéral devrait faire en sorte que « le processus de réglementation [c’est-à-dire l’évaluation des impacts environnementaux et socio-économiques du projet] n’entrave pas indûment l’approbation et la mise en chantier » du plus gros projet industriel de l’histoire canadienne, ainsi que le désigne la Chambre de commerce.
Une façon par laquelle le fédéral pourrait montrer son appui au Projet gazier du Mackenzie, selon la chambre de commerce toujours, serait de mettre en place un régime de royautés progressif. Un tel régime ferait en sorte que les promoteurs retourneraient moins d’argent au gouvernement durant les premières années de vie du projet. Ainsi, ils amortiraient plus rapidement leur investissement.
Pendant ce temps à la bourse
À peine dix jours avant la sortie de la Chambre de commerce, le chef du groupe des promoteurs, Imperial Oil, faisait une annonce qui permet de mesurer toute l’ampleur du désarroi économique qui force la compagnie à exiger plus de souplesse financière au gouvernement fédéral.
Durant le troisième trimestre de 2005, la plus importante compagnie pétrolière du Canada a déclaré « un bénéfice record » , pouvait-on lire sur le fil de presse de Baie Street.
Durant les neuf premiers mois de 2005, Imperial a enregistré des bénéfices nets de 1,584 milliards de dollars. Il s’agit des meilleurs résultats de la compagnie en 125 ans d’existence, ne manque-t-on pas de souligner.
L’exploit est d’autant plus appréciable que, durant cette période, d’importants travaux d’entretien ont eu lieu dans les centres de production et qu’on a déménagé le siège social de la compagnie de Toronto à Calgary, entraînant ainsi des dépenses inhabituelles.
Sans trop de surprise, la société-fille d’Exxon Mobil attribue ces gains historiques à la hausse des prix du pétrole brut et du gaz naturel. La compagnie note, par contre, que « la hausse du coût de l’énergie a eu une incidence négative sur les résultats » en faisant augmenter les coûts de production.
Misère.
