Pas plus de deux caribous par an, c’est la limite qu’impose désormais le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles aux chasseurs des TNO.
Il s’agit d’une mesure parmi d’autres annoncées lundi par le ministre de l’Environnement, Michael Miltenberger, pour freiner le déclin inquiétant des troupeaux de caribous constatés lors du recensement de l’automne 2005.
Selon les données fournies par le ministère, chacune des huit hordes de caribous qu’on retrouve aux TNO, sauf une dont la population a été estimée pour la dernière fois en 1993, sont en déclin. Il ne resterait plus qu’environ 885 000 caribous aux TNO contre plus ou moins 1 365 000 au milieu des années 1980.
Certaines hordes parmi les plus chassées sont carrément en chute libre. De 1989 à 2005, la taille de la horde du cap Bathurst, qu’on retrouve dans la région du delta du Mackenzie, a diminuée de près de 85 %. Tandis que la horde Bathurst, qui est la plus couramment chassée dans la région du Slave Nord (Yellowknife), a perdu presque 60 % de ses effectifs entre 1986 et 2003. La horde qui s’est le mieux maintenue, la horde Bluenose Est dont l’aire de distribution couvre le pourtour du Grand lac de l’Ours, a quand même perdu 37 % de ses effectifs entre 1987 et 2005.
« Quand les données sur la population d’une espèce créent des inquiétudes sérieuses, le ministère applique le principe de précaution », a déclaré le ministre Miltenberger, dans une allocution à l’Assemblé législative.
« Nous savons que le nombre de caribous est en déclin et, en conséquence, nous devons prendre des mesures de conservation raisonnables pour éviter que des dommages importants, voire irréparables, n’affectent la ressource », a-t-il poursuivi.
Mesures
Outre la baisse du nombre de vignettes émises, qui passe de cinq à deux par chasseur par an, le plan de gestion proposé par le ministère comprend d’autres mesures restrictives qui seront effectives d’ici six mois.
Ainsi, il ne sera plus permis d’abattre les caribous femelles et un délai de deux semaines sera imposé pour la publication de cartes satellitaires montrant l’emplacement des troupeaux. D’autres mesures spécifiques aux différents troupeaux doivent également être annoncées.
Il est à noter que la limite de deux panaches par chasseur ne s’applique pas aux bénéficiaires de traités autochtones qui pratiquent une chasse traditionnelle ou de subsistance. Il est proposé que les comités de gestion de la faune des différentes nations suggèrent des limites de prises « volontaires » à leurs membres.
Une « campagne d’éducation populaire majeure » sera aussi développée prochainement, a annoncé le ministre de l’Environnement, qui promet également une augmentation des contrôles et des patrouilles contre le braconnage.
Le ministère compte accompagner la baisse des quotas de caribous par une augmentation des quotas de loups. Il est, en effet, proposé que le nombre de vignettes pour le loup vendues aux chasseurs sportifs qui ne résident pas aux TNO passe de une à deux par chasseur. L’objectif de cette mesure est de diminuer le nombre de prédateurs, plusieurs chasseurs sondés pour l’élaboration du plan de gestion ayant signalé une augmentation du nombre de loups et déclaré que la prédation était possiblement un facteur significatif du déclin des troupeaux.
Le plan ne s’arrête pas là. Il ne s’agit en fait que des mesures intérimaires pour répondre aux problèmes immédiats. D’autres mesures de gestion à long terme doivent être mises de l’avant durant les cinq prochaines années. Il est notamment question de revoir la fréquence et les méthodes des recensements.
On doit aussi tenter de trouver un système pour identifier plus clairement le nombre de prises des Autochtones. Selon le plan déposé par le ministère de l’Environnement, aucun registre du nombre de bêtes abattues dans le cadre de chasses traditionnelles n’est tenu par les communautés. Pour l’instant.
