Des images satellitaires dévoilées par l’Agence spatiale européenne le 19 septembre démontrent que les glaces arctiques étaient fissurées à la fin de l’été 2006 et ce jusqu’au pôle nord. Les photos prises par le satellite EOS Aqua entre le 23 et le 25 août ont « choqué » les scientifiques de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui n’avaient jamais vu de telles fractures dans le couvert glaciaire arctique.
«Cette situation est différente de tout ce que l’on a pu observer lors des précédentes saisons de fonte record des glaces», souligne le responsable de l’analyse des images, Mark Drinkwater, dans un communiqué émis par l’ESA. D’après Drinkwater un vaisseau stationné dans le nord de la Sibérie aurait très bien pu rejoindre le pôle sans avoir à briser de glace. « C’est très plausible », peut-on lire dans le communiqué de l’Agence.
Entre 5 et 10 % de la glace permanente, celle qui en théorie ne fond jamais, était ébréchée à la fin août. Cela s’expliquerait par des tempêtes particulièrement violente qui ont frappé l’arctique européen cet été, combinées à un amincissement de la banquise observé depuis plusieurs années. Le National Snow and Ice Data Center (NSDIC), un groupe de recherche américain lié à la NASA, étudie depuis quelques années la régression du couvert glaciaire durant la saison estivale. Selon leurs observations, cette année la glace polaire a fondu sensiblement plus que la normale, mais le record établi l’an dernier ne sera pas battu.
« Si les glaces cessaient de fondre maintenant, l’année 2006 se classerait quatrième » au palmarès de la débâcle arctique, pouvait-on lire sur le site Web du NSDIC, le 18 septembre, date qui correspond à peu près à la fin de la saison de fonte polaire. « Le mois de septembre 2006, poursuit le site Web, présente les caractéristiques d’une saison de fonte très en deçà de la normale. »
Le 18 septembre le couvert gelé estival couvrait 5,8 millions de kilomètres carrés. C’est 800 000 kilomètres carrés de moins qu’en 1978. Un peu comme si, depuis trente ans, on avait tronqué dans l’océan Arctique ce qu’il faut de glace pour couvrir 450 000 patinoires de hockey de taille régulière. L’année la plus fondante demeure quand même 2005, alors que le couvert gelé avait régressé à 5,3 millions de kilomètres carrés.
