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le Vendredi 4 avril 2008 0:00 Environnement

Changements Climatiques: Le Nord et la théorie du 100e singe

Changements Climatiques: Le Nord et la théorie du 100e singe
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Le climat change, l’environnement nordique se transforme à sa façon et nous pouvons faire quelque chose. Selon une idée toute fois controversée (la théorie du 100e singe), il suffit qu’un niveau de conscience atteigne une «masse critique» de la population pour que le reste des gens adhère comme par enchantement à cette nouvelle façon de pensée. Au début du mois de mars, le sénateur des TNO Nick Sibbeston a livré au public et aux politiciens un rapport qu’il avait commandé à Jamie Bastedo, un écrivain de Yellowknife. Un peu plus tôt, le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles du gouvernement du TNO divulguait une étude pour dresser une base d’informations sur laquelle pourrait être bâtie un plan d’action pour contrer les impacts des changements climatiques. Ces deux nouveaux rapports pourraient bien aider à atteindre cette «masse critique» de la population, pour que tout le monde se dise qu’il est temps d’agir.

L’auteur de l’étude, À l’avant-garde des changements climatiques (On the Frontlines of climate change en Anglais), est persuadé qu’il faut une approche globale suivie d’une action locale pour réussir à se préparer aux changements qui se pointent. «Cet esprit révolutionnaire est dans l’air, dans cette salle, dans nous tous», a-t-il scandé lors de son discours au gala de l’Alliance énergétique de l’arctique qui récompense les meilleures actions énergétiques.

Une histoire du Nord

L’étude se veut une histoire rassemblant les pièces séparées d’un casse-tête, chacune montrant une réalité locale des changements climatiques. Une fois assemblés, ces morceaux forment une image globale de l’empreinte des changements climatiques dans le Nord canadien.

«Je suis vraiment confiant d’avoir réussi à capturer une image claire du Nord», a noté Jamie Bastedo en entrevue. Cet écologiste professionnel s’est déplacé dans de nombreuses communautés du Nord pour dresser un constat intimiste des réels défis que relèvent les résidents et les écosystèmes nordiques. La liste des effets observés dénonce l’urgence d’une prise de conscience et ­­d’une action planifiée. Le document mentionne le réchauffement de 4 à 7 degrés Celsius des températures hivernales au Nord-Ouest du Canada alors que la température globale a grimpé de 0,6° C depuis un siècle. La glace arctique est maintenant à sa plus petite surface jamais enregistrée par les satellites, le niveau des mers a augmenté, le nombre de tempêtes extrêmes a été multiplié par cinq fois et le pergélisol qui réchauffe ou fond à travers le Nord rejette dans l’atmosphère du méthane, un puissant gaz à effet de serre.

Au fil de ses recherches, Jamie Bastedo est confronté à la réalité qui s’est déjà installée dans les communautés des TNO. Il rapporte l’amoncellement de neige plus important avec comme exemple l’effondrement de l’école secondaire Samuel Hearne d’Inuvik. Le déclin des grands troupeaux de caribou de la Toundra pouvant être attribué à l’agrandissement de l’aire de répartition de multiples parasites dû aux températures plus clémentes. Le document explique parmi d’autres, les dangers de la fonte du pergélisol dans les environs de Tuktoyaktuk qui menace la stabilité du réservoir d’eau potable de cette communauté de 900 habitants.

Même s’il énumère problèmes après problèmes dans son étude, Jamie Bastedo reste confiant et optimiste. «Je suis persuadé que nous aurons la force d’agir. Ce document a été conçu pour rendre une image tangible au public et aux décideurs du pays, nous allons réagir.» a-t-il conclu.

Deux études complémentaires

En février 2008, le gouvernement des TNO a lui aussi publié une étude sur les changements climatiques. Intitulé Rapport des impacts et des adaptations, ce document propose tout comme le premier, un constat des différents effets des changements climatiques sur les TNO mais avec un souci plus prononcé vers les ressources gouvernementales. Le rapport propose ainsi quelques voies pour que le gouvernement trouve des moyens de s’adapter pour finalement réagir aux menaces dirigés vers ses infrastructures, son économie et sa population.

Jim Sparling le directeur du programme des changements climatiques au ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles a expliqué à L’Aquilon que ces études font face aux mêmes constatations mais proviennent de deux perspectives différentes. «Nous voulons simplement mieux comprendre les changements climatiques, a-t-il affirmé. Maintenant nous décidons de mettre en place un plan d’adaptation pour réagir à ces changements. Ce document du ministère est une base pour élaborer ce plan qui devrait voir le jour à l’automne 2008. Il va nous coûter très cher d’essayer d’atténuer les impacts environnementaux, économiques et sociaux, mais ce sera toujours beaucoup moins dispendieux que de subir les conséquences plus tard». Dans ce rapport, il est clairement statué qui y a deux façon de s’adapter, l’adaptation forcée et l’adaptation proactive. Le GTNO semble vouloir opter pour la seconde.

Les deux études sont disponibles en ligne sur le site du sénateur Sibbeston www.sen.parl.gc.ca/nsibbeston et sur le site Internet du ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles, www.enr.gov.nt.ca.