Le jeudi 27 mars 2008, le ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien (AINC) et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits, Chuck Strahl, a annoncé qu’il remerciait Gabrielle Mackenzie-Scott pour ses trois ans de service à la présidence de l’Office d’examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie. Par voie du même communiqué, le ministère dévoilait la nomination de son remplaçant, Richard Edjericon qui a pris effet dès le 1er avril.
L’ancienne présidente s’est dit déçue de cette décision, elle qui tout au long de ses années avait gagné la confiance de son comité. En effet, quelque six mois plus tôt, elle avait réitéré son intention de poursuivre son action pour un second terme de trois ans et avait reçu le support des membres de son équipe décisionnelle. «Lorsque l’on a fait un tour de table au sein du comité pour savoir si les membres soutenaient ma candidature, nous avons demandé si quelqu’un se proposait à devenir président, et le seul qui a brandi son nom était M. Edjericon», a raconté Gabrielle Mackenzie-Scott.
Si Mme Mackenzie-Scott n’a reçu aucun pré-avis lui expliquant cette décision, elle a avoué à L’Aquilon que d’une certaine façon elle pouvait sentir venir ce changement. Du côté du ministère fédéral, il a été impossible de connaître les raisons qui ont poussé l’AINC à préférer le changement plutôt que la continuité comme elle l’avait été recommandé par les membres de l’office lui-même. Ancien chef de la nation des Dénés Yellowknifes, Richard Edjericon est un résident de Dettah, aux TNO. Ce consultant auprès du GTNO, du Projet d’assainissement de la mine Giant et du projet hydroélectrique de Taltson, a été nommé en mars 2007 au sein des huit membres du comité de l’office d’examen. L’ancien candidat du parti conservateur à l’élection fédérale de 2006 avait ainsi rempli une des quatre positions appointées par le gouvernement fédéral dans ce conseil co-opéré par les premières Nations et les gouvernements territorial et fédéral.
Une chose inquiète particulièrement l’ancienne présidente de cet office indépendant. «Je suis préoccupé par l’éventualité que les communautés ne soient plus bien écoutées. J’ai l’impression que depuis dix ans, nous avons donné la chance aux différentes communautés d’avoir une voix et d’écouter leurs préoccupations. Il va falloir attendre et voir si la participation des communautés se fera toujours autant dans le futur», s’est-elle interrogé.
Mme Mackenzie-Scott quitte ainsi sa position avec l’espoir de tout de même utiliser ses talents de meneuse pour s’impliquer au sein de sa communauté. Questionnée si elle ne regrettait pas le fait de ne plus être en poste pour la remise du rapport d’impact environnemental du projet gazier du Mackenzie, prévue cette année, elle a répondu qu’elle avait énormément apprécié les étapes pour acquérir les informations et qu’elle attendrait le résultat comme les autres.
