L’évènement rassemble des acteurs et actrices de l’éducation, des organismes communautaires, des partenaires institutionnels, des étudiant.e.s et des membres des communautés francophones du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut.
Apprendre au-delà de l’école
Dès l’ouverture, Nuka Jocas-McCrae, animateur du sommet, a voulu élargir la réflexion au-delà du cadre scolaire. « L’apprentissage, ce n’est pas seulement ce qui se passe dans une salle de classe », a-t-il lancé, en rappelant que les savoirs se construisent aussi dans les familles, les communautés, sur le territoire, au travail et dans les expériences du quotidien.
Cette idée traverse une bonne partie de la rencontre. Dans les territoires, où les communautés sont dispersées et où les parcours sont souvent moins linéaires qu’ailleurs, l’apprentissage prend plusieurs formes. Il peut passer par une formation officielle, un atelier communautaire, une expérience professionnelle, une
transmission familiale ou une adaptation imposée par les réalités du Nord.
Pour Nuka Jocas-McCrae, cette dimension est particulièrement présente dans les communautés nordiques. Les gens y portent souvent plusieurs chapeaux, apprennent à collaborer et doivent trouver des solutions malgré les distances qui les séparent. Il a résumé l’objectif du sommet en une formule : « Mieux comprendre notre réalité pour mieux construire la suite. »
Reconnaitre tous les apprentissages
Le sommet s’inscrit aussi dans une démarche plus large amorcée à l’échelle canadienne. Denis Desgagné, directeur général du RESDAC, le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences, a rappelé que l’organisme a longtemps été associé à l’alphabétisation avant d’élargir son action vers le développement des compétences. Cette évolution, a-t-il expliqué, amène désormais le réseau à s’intéresser à l’apprentissage tout au long de la vie, dans différents milieux et à différentes étapes des parcours individuels.
Dans son intervention, il a insisté sur trois contextes d’apprentissage : le formel, lié aux institutions scolaires et aux diplômes reconnus ; le non formel, qui comprend notamment les ateliers, les formations communautaires ou professionnelles ; et l’informel, qui se construit dans la vie quotidienne, au travail, dans les familles ou dans les communautés. L’enjeu, selon cette approche, n’est pas de les opposer, mais de mieux reconnaitre leur complémentarité.
Du constat aux pistes d’action
La programmation du sommet traduit cette volonté de passer de la réflexion aux réalités concrètes. Les ateliers et panels abordent notamment la construction identitaire, la formation à distance, les parcours étudiants, les apprentissages atypiques, les compétences en contexte minoritaire et la réconciliation à travers l’éducation. Un portrait pan territorial des besoins des apprenants francophones du Yukon, des TNO et du Nunavut doit aussi permettre de dégager des constats communs et des pistes d’action.
En toile de fond, les discussions se déroulent dans un contexte où l’accès à l’apprentissage en français demeure fragile dans plusieurs communautés nordiques. Aux Territoires du Nord-Ouest, les récentes décisions touchant certains programmes d’immersion rappellent que l’éducation en français, sous toutes ses formes, reste un enjeu sensible.
