Dernier jeudi de septembre, une cinquantaine de Ténois.e.s, en personne et en ligne, s’est réunie pour la 48e assemblée générale de la Fédération franco-ténoise (FFT). Une soirée attendue durant laquelle les membres ont pu s’interroger sur les activités menées, discuter de modifications d’amendements ou, encore, découvrir de nouvelles têtes au conseil d’administration. C’est parti pour un tour d’horizon en quatre étapes.
1.Une volonté d’ouvrir davantage le dialogue
« L’an passé, nous avions posé les murs et la structure et, cette année, nous avons installé le toit et le revêtement. » C’est à travers cette métaphore de chantier que la directrice de la FFT, Audrey Fournier, a voulu illustrer la volonté continue de la fédération à se renouveler. Que ce soit au sens littéral – rafraichissement de l’identité visuelle, rénovation de la façade de la maison Laurent – qu’au figuré avec l’engagement de « préciser leur mandat », toujours selon la directrice. En outre, d’après cette dernière, l’épanouissement de notre communauté doit passer par le dialogue. Une orientation soutenue par Batiste Foisy, le récemment nommé coordonnateur des relations communautaires et aux affaires publiques, qui veut « miser sur l’échange » avec les Ténois.e.s. « Prenez rendez-vous, passez à la maison bleue, on aimerait vraiment vous entendre ! », a-t-il insisté. Afin de souligner encore davantage la démarche, un point de l’ordre du jour, le septième, était d’ailleurs consacré à la thématique : Échange avec les membres – bilan et perspectives.
2.Des interrogations sur le choix des activités
Avant le passage obligé par les états financiers – à l’équilibre malgré un très léger déficit de 3 544 dollars, compte rendu total à retrouver sur le site de la FFT –, les activités des différents secteurs de la fédération ont été présentées par ses employé.e.s. Les membres se sont par la suite interrogés sur la manière dont la sélection était effectuée. « Vous avez parlé de choix qui vous “tiennent personnellement à cœur”, mais comment sélectionnez-vous telle ou telle activité ? », a questionné une Ténoise. « Ciblez-vous correctement la population ? », est allée plus loin l’une des personnes présentes dans l’assemblée. Et un autre membre de lancer : « Avez-vous pensé à une branche d’activités pour les personnes afrodescendantes ? » À cette dernière question, Audrey Fournier a indiqué que des réflexions étaient en cours. Concernant les autres interrogations, la directrice a répondu en mettant notamment en avant le besoin de respecter les budgets établis par les subventions, l’écoute des participant.e.s aux ateliers, mais également la difficulté constante de mettre en place un « mécanisme de rétroactivité » efficace. « On envoie des infolettres, on met en place des sondages, ce n’est pas facile d’avoir des réponses significatives », a soupiré la dirigeante.
3.Membriété, des changements importants
De nombreuses modifications aux statuts et règlements ont été proposées aux membres. Parmi les cinq points, certains ont fait débattre plus que d’autres, à l’instar de l’ajout de la définition du terme francophile, de l’abaissement de l’âge de la membriété à 14 ans ou bien du changement de localisation d’un membre communautaire.
Concernant la francophilie (et donc la membriété des francophiles), la fédération, qui réagit à une remarque de la dernière AGA, a proposé d’inclure toute personne manifestant un « intérêt ou un attachement envers le français, la francophonie ou les cultures de la francophonie et qui souhaite contribuer à leur présence et leur vitalité », et ce, « peu importe sa capacité à parler la langue ». C’est ce dernier point qui a soulevé le plus de questions dans le public ténois. Quel est le but de permettre à une personne ne comprenant pas le français de participer à des discussions en français ? Va-t-on devoir proposer des traductions en anglais ? L’une des présentes s’est quant à elle questionnée sur l’intérêt de cette définition : « Nous sommes en train de nous demander qui on est, on se demande à nous-même de nous définir, c’est bien ça ? »
Deuxième changement, l’accès à la membriété. Jusqu’à maintenant, il fallait atteindre l’âge de 19 ans pour participer au titre de membre à la fédération, mais, selon cette dernière, il en va de l’implication dans la communauté et dans la gouvernance. Si la difficulté à aller chercher les jeunes et à les intéresser au débat a été soulevée, la majorité des membres ont conclu qu’elle pouvait être en partie désamorcée par un engagement officiel des mineur.e.s ténois.e.s.
Un dernier article a poussé à la discussion : la FFT a proposé de permettre à tout organisme « opérant au TNO » de devenir membre communautaire. Avant cette proposition, il était nécessaire pour obtenir cette membriété d’avoir son siège social aux TNO. Dans l’assemblée ce soir-là, certain.e.s ont insisté sur le fait que l’on permettrait désormais à un éventail beaucoup plus large d’organismes à intervenir à la table de la fédération. Pour pallier en partie cette crainte, il a finalement été question de remplacer « opérant » par « ayant une représentation ».
À noter, l’ensemble des modifications ont été acceptées à la majorité, malgré l’opposition de certains membres, dont sept contre la dernière évoquée.
4.De nouvelles têtes au CA
Côté conseil d’administration (CA), la présidence sera encore pour ce mandat assurée par Sophie Gauthier, renouvelée par acclamation. Les deux postes d’administrateurs de deux ans ont eux aussi été à nouveau pourvus par Mona Diab-Boucher et Mamadou Gade Niang. Seule Francine Motso Poka, auparavant secrétaire du CA, ne sera plus dans la liste. Pour les deux places restantes concernant des mandats d’une année chacun, ce sont deux nouvelles têtes qui font leur apparition : Chantal Desjardins et Charlotte Verrière. Pas de présentation pour la première, l’acclamation des membres a donc dû se faire à l’aveugle, la seconde, installée depuis maintenant huit ans à Inuvik, était quant à elle en ligne.
