Julian Morse, député de Frame Lake, souligne la nécessité d’augmenter l’offre, notamment en logements publics et en logements de transition.
La publication de l’évaluation territoriale des besoins en logement a ravivé les préoccupations à l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest, où plusieurs députés ont reconnu l’ampleur du problème tout en appelant à accélérer les solutions.
Présenté le 4 mars par la ministre responsable de Logement TNO, Lucy Kuptana, le rapport dresse un portrait détaillé de la situation actuelle et des besoins futurs en matière de logement dans l’ensemble du territoire. Selon l’évaluation territoriale, les Territoires du Nord-Ouest manquent actuellement de 1 700 à 2 700 logements. Le rapport prévoit aussi que 771 à 1 030 unités supplémentaires pourraient être nécessaires d’ici 2044, selon l’évolution démographique.
Il s’agit de la première étude territoriale de ce type depuis plus de 25 ans. Le gouvernement territorial souhaite s’appuyer sur ces données pour soutenir ses demandes de financement auprès du gouvernement fédéral et planifier les investissements à long terme.
Les besoins sont énormes, et je ne pense pas que cela surprenne qui que ce soit.
Un besoin « massif »
Plusieurs députés ont réagi rapidement à la publication du rapport lors des déclarations de membres à l’Assemblée. Le député de Frame Lake, Julian Morse, a salué la publication de l’étude tout en soulignant l’ampleur de la crise. « Les besoins sont énormes, et je ne pense pas que cela surprenne qui que ce soit », a-t-il déclaré.
Selon lui, les données confirment ce que les élus observent déjà sur le terrain. Le rapport souligne notamment que l’offre de logements demeure limitée dans presque tous les segments du marché, en particulier pour les logements locatifs abordables destinés aux personnes seules et aux petites familles.
Le député a également rappelé qu’il y a actuellement plus de 800 ménages sur la liste d’attente pour un logement public aux Territoires du Nord-Ouest.
Julian Morse estime aussi que la création de logements de transition demeure essentielle, notamment dans les centres régionaux, afin d’aider les personnes en situation d’itinérance à accéder à un logement plus stable.
Un autre obstacle important identifié dans le rapport concerne la disponibilité de terrains résidentiels prêts à être développés. Selon lui, cette question relève directement du gouvernement territorial.
« L’obstacle lié au terrain est quelque chose qui est entièrement sous notre contrôle », a-t-il souligné.
Le rôle des communautés
Le député de Tu Nedhe-Wiilideh, Richard Edjericon, a lui aussi fait référence au rapport dans sa déclaration, insistant sur les défis particuliers auxquels font face les petites communautés et les communautés éloignées.
« La récente évaluation des besoins en logement montre clairement l’ampleur de cette crise du logement », a-t-il affirmé. Tout en reconnaissant l’importance de l’étude, il a soutenu que les gouvernements autochtones devraient jouer un rôle plus important dans la planification et la construction de logements.
Richard Edjericon a notamment évoqué l’initiative fédérale Build Canada Homes, qui prévoit des investissements de 13 milliards de dollars pour la construction de logements abordables à travers le pays. Selon lui, les communautés nordiques devraient disposer de davantage de ressources pour présenter leurs propres projets et accéder à ces fonds.
Le député a plaidé pour une approche davantage axée sur les initiatives locales et sur le développement de projets dirigés par les communautés autochtones.
Une base pour les prochaines décisions
Pour le gouvernement territorial, l’évaluation des besoins en logement constitue avant tout un outil de planification et de négociation.
Le rapport doit servir de base pour orienter les politiques publiques et appuyer les demandes de financement auprès du gouvernement fédéral afin de combler un déficit de logements qui touche à la fois les centres urbains et les petites communautés du territoire.
