le Vendredi 1 mai 2026
le Vendredi 1 mai 2026 7:00 Actualités

Yellowknife face à une expansion militaire d’envergure

Le lieutenant-colonel Matthew Baxter, directeur adjoint et chef d’état-major du projet d’infrastructure de bases nordiques de NORAD, a expliqué le rôle du site de Yellowknife dans la modernisation de la défense continentale.  
 — (photo Cristiano Pereira)
Le lieutenant-colonel Matthew Baxter, directeur adjoint et chef d’état-major du projet d’infrastructure de bases nordiques de NORAD, a expliqué le rôle du site de Yellowknife dans la modernisation de la défense continentale.
(photo Cristiano Pereira)

Plus de 200 résidents ont assisté à une séance d’information de la Défense nationale sur les travaux prévus près de l’aéroport. Entre retombées locales, logement, environnement et consultation autochtone, plusieurs questions restent ouvertes.

Yellowknife face à une expansion militaire d’envergure
00:00 00:00

(photo Cristiano Pereira)

La salle de l’hôtel Explorer, à Yellowknife, était comble, le 23 avril, alors que des représentants fédéraux venaient présenter les grandes lignes d’un vaste projet d’infrastructures militaires appelé à se déployer dans le secteur de l’aéroport.  

La rencontre portait sur le site d’opérations avancé de Yellowknife, une installation militaire construite dans les années 1980 et appelée à jouer un rôle plus important dans la défense aérienne du Nord. Le projet s’inscrit dans le plan de modernisation de NORAD annoncé par le Canada en 2022, ainsi que dans les nouvelles priorités fédérales en matière de défense continentale et de présence militaire dans l’Arctique.

NORAD, le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, est une structure militaire binationale entre le Canada et les États-Unis. Son rôle est notamment d’assurer la surveillance et le contrôle de l’espace aérien nord-américain. Les sites d’opérations avancés, comme celui de Yellowknife, permettent aux Forces armées canadiennes et à NORAD de déployer des avions dans le Nord lorsque nécessaire.



Changement d’échelle

À Yellowknife, la Défense nationale prévoit une expansion importante des installations existantes. La présentation évoque notamment la construction de hangars pouvant accueillir différents types d’aéronefs, d’aires de stationnement pour avions, d’un centre des opérations, d’entrepôts, de logements temporaires pour le personnel militaire, ainsi que d’installations liées au carburant, aux munitions, à l’entretien et aux services médicaux. Des améliorations sont aussi prévues aux pistes, aux voies de circulation, à l’éclairage, à la sécurité, aux routes d’accès et aux services publics.

Le site pourrait soutenir, de façon intermittente, plusieurs types d’appareils militaires, dont des avions de chasse, des avions de transport, des avions ravitailleurs, des hélicoptères, des appareils de recherche et sauvetage et des avions de patrouille maritime. La planification tient aussi compte de l’arrivée des futurs chasseurs F-35, qui doivent remplacer les CF-18.



Un chantier par étapes

Le calendrier présenté demeure étalé sur plusieurs années. La phase actuelle est consacrée au développement du projet. Une demande de propositions pour le contrat principal est attendue à l’automne 2026. La conception et la préparation du site doivent ensuite se dérouler entre 2027 et 2030, avant une phase de construction prévue de 2030 à 2040.

La Défense nationale affirme que plusieurs études sont déjà en cours ou prévues, notamment sur l’archéologie, l’environnement, les espèces en péril, la géotechnique et la topographie. Le ministère indique aussi vouloir préparer un plan de participation autochtone et une analyse du marché local afin de mieux comprendre les capacités des entreprises du territoire.



Nous n’avons aucunement l’intention d’être un fardeau pour la communauté.

— George Siket, directeur du projet d’infrastructure de bases nordiques de NORAD

Inquiétudes locales

Mais les questions du public ont montré que l’ampleur du projet suscite aussi de nombreuses inquiétudes. Plusieurs résidents ont demandé comment les entreprises locales pourront réellement bénéficier des contrats, dans un contexte où les grands chantiers sont souvent confiés à des compagnies du Sud. D’autres ont insisté sur la pression que le projet pourrait exercer sur le marché du logement, déjà tendu à Yellowknife.

Les échanges ont aussi porté sur les impacts environnementaux, les effets sociaux, les services de santé, les infrastructures municipales, les couts futurs pour la capitale et la consultation des gouvernements et communautés autochtones. À la fin de la rencontre, le maire Ben Hendriksen a résumé les principaux thèmes soulevés : retombées locales, logements, santé, infrastructures, fiscalité municipale et engagement continu avec les Premières Nations et partenaires autochtones.

Le ministère a indiqué que plusieurs éléments demeurent à clarifier, le projet étant encore à un stade préliminaire. Des rencontres d’affaires doivent avoir lieu à Yellowknife plus tard cette année, ainsi qu’à Inuvik en juin, pour préparer les entreprises intéressées.