le Dimanche 26 avril 2026
le Dimanche 26 avril 2026 13:40 Éducation

Inuvik : treize enseignant.e.s visé.e.s par des mises à pied

Les compressions annoncées à Inuvik s’inscrivent dans un climat d’incertitude qui touche le financement des soutiens scolaires dans les TNO.  — Photo iStock
Les compressions annoncées à Inuvik s’inscrivent dans un climat d’incertitude qui touche le financement des soutiens scolaires dans les TNO.
Photo iStock

A Inuvik, le syndicat relie ces compressions à des changements fédéraux, tandis que le ministère prépare un nouveau financement pour la scolarisation inclusive.

Inuvik : treize enseignant.e.s visé.e.s par des mises à pied
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Le système scolaire d’Inuvik traverse un épisode rare : 13 enseignants de classe ont reçu un avis de mise à pied. L’association des enseignant.e.s des TNO (NWTTA) relie ces compressions aux changements apportés par le gouvernement fédéral au financement du principe de Jordan et de l’Initiative pour les enfants inuits d’abord, pendant que le gouvernement territorial prépare une nouvelle enveloppe pour la scolarisation inclusive.

Pour Rita Mueller, présidente de la NWTTA, l’ampleur de la mesure n’a rien d’ordinaire. Elle affirme à Médias ténois qu’un tel cas ne s’était pas produit depuis plus de 30 ans dans le territoire. Selon le syndicat, « la raison est directement liée aux changements apportés par le gouvernement fédéral dans ses politiques et son financement au titre de l’Initiative pour les enfants inuits d’abord et du principe de Jordan ».

Le principe de Jordan en toile de fond

Ces mises à pied s’inscrivent dans une crise plus large qui secoue les écoles ténoises depuis plus d’un an. Au début de 2025, Services aux Autochtones Canada a modifié les critères d’admissibilité liés au principe de Jordan, compliquant ou bloquant le renouvèlement de certains soutiens utilisés dans les écoles du territoire. Le GTNO a ensuite mis en place une aide temporaire, sans toutefois combler entièrement le manque à gagner.

À Inuvik, le choc prend désormais une forme très concrète. Cabin Radio rapportait plus tôt cette semaine que 13 enseignants avaient reçu un avis de mise à pied. Le média indiquait aussi que le Conseil scolaire divisionnaire Beaufort-Delta avait prévu 14,7 millions de dollars en financement lié au principe de Jordan dans son budget 2025-2026, soit environ 28 % de ses revenus projetés.

C’est très inhabituel et cela ne s’était pas produit depuis plus de 30 ans.

— Rita Mueller, présidente de la NWTTA

Des conséquences immédiates

Pour Rita Mueller, les conséquences se feront sentir rapidement dans les écoles. « Les effets seront sans aucun doute immenses, dit-elle à Médias ténois. Treize enseignant.e.s hautement qualifié.e.s de moins dans l’école pour offrir un enseignement et un soutien de qualité aux élèves. Tout le monde en ressentira les effets – en particulier les élèves et le personnel. »

La dirigeante syndicale dit aussi craindre des répercussions plus larges pour l’ensemble du territoire. « La NWTTA est extrêmement préoccupée par les répercussions que cela aura sur les élèves ainsi que sur les enseignants de classe qui resteront en poste, les directions d’école et l’ensemble du personnel de soutien aux élèves, dit-elle. Les écoles ténoises ont besoin de plus de soutien, pas de moins de soutien par la suppression de postes inestimables. »

Un financement encore flou

Dans une déclaration écrite transmise à Médias ténois, le ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation affirme être au courant des décisions prises par le Conseil scolaire Beaufort-Delta, « y compris les mises à pied d’enseignants et les réductions de postes d’assistants au soutien ». Le ministère reconnait les effets de ces décisions sur les élèves, les familles et le personnel scolaire, ainsi que l’incertitude créée par les changements au financement lié au principe de Jordan.

Le MÉCF indique par ailleurs que le GTNO a repéré 30 millions de dollars pour soutenir la scolarisation inclusive à l’échelle du territoire. Il précise toutefois que les autorités scolaires ont encore besoin de davantage de clarté pour planifier les effectifs et les programmes de l’année 2026-2027.

Selon le ministère, cette demande de financement doit être présentée dans le cadre des crédits supplémentaires de mai et la question devait être discutée les 21 et 22 avril lors d’une rencontre entre les responsables de l’éducation, le ministère et l’Association des surintendants des TNO.

En clair, un nouveau financement territorial est en préparation, mais les mises à pied, elles, sont déjà enclenchées.