Une nouvelle compagnie d’aventure a vu le jour aux Territoires du Nord-Ouest. Elle portera le nom de Northern Canadian Adventures et son premier événement sera majeur. Un marathon ultra dans l’Arctique canadien. Les participants devront choisir entre une course de 4,8 km, de 80,5 km, de 161 km, ou, pour les plus expérimentés (ou les plus fous?), de 337 km.
L’idée vient de Scott Smith, de Yellowknife. Athlète lui-même, il a participé au Yukon Arctic Ultra et au Canadian Death Race, dans les Rocheuses. « On retrouve ce genre de courses partout, comme en Alaska et au Yukon. Les TNO étaient le dernier endroit où il n’y en avait pas », de mentionner celui qui a aussi traversé le Canada et l’Australie en vélo de montagne, en plus d’avoir traversé la calotte polaire du Groenland en skis.
« Pour la première année, nous espérons avoir une centaine de participants. Éventuellement, nous pensons pouvoir attirer jusqu’à 500 personnes », dit-il, rappelant que chacun sera en autonomie totale et devra transporter son propre équipement tout au long de la course.
Pour lui donner un coup de main, Scott Smith a fait appel à une grande figure de ce genre de courses d’endurance. Il s’agit de Ray Zahab, habitant de Chelsea, au Québec.
Ce dernier s’est illustré dans plusieurs courses d’endurance à travers le monde, terminant premier au Yukon Arctic Ultra et premier nord-américain au Marathon des sables, au Maroc, par deux fois. Il s’est aussi classé premier en équipe et huitième en solo au Jungle Marathon, au Brésil, troisième au Trans 333, une course de 333 km dans le désert du Niger et a obtenu des premières places à la Course du Sahara et en Libye.
« Je serai le conseiller de course et j’aiderai les participants du mieux que je peux. Je vais aussi donner un coup de main à Scott dans l’organisation », de mentionner celui qui a débuté sa carrière d’athlète d’endurance sur un vélo de montagne, en 2000, alors qu’il avait cessé de fumer. « Je voulais changer de vie et c’est là que l’aventure a commencé », dit-il, simplement.
Ray Zahab a couru dans les conditions les plus extrêmes. Passant du froid polaire aux dunes chaudes et ensablées du désert, il considère que la jungle est le milieu le plus difficile pour les courses d’endurance. « Il y a l’humidité, la boue, le fait de nager dans des marécages, traverser des rivières, les tiques, les araignées géantes. La combinaison de tout ça rend l’épreuve très difficile », dit-il. Quand on lui pose la question à savoir s’il s’est déjà demandé pourquoi il s’était lui-même imposé une telle épreuve, son expérience du Niger lui revient aussitôt à l’esprit. « Ça faisait 150 km sur 333 et les points de ravitaillement n’étaient qu’aux 22 km. Il faisait 45 degrés Celsius. Je me demandais comment je pourrais aller plus loin. Finalement, il ne faut pas penser à ce qu’il reste à faire et on doit simplement continuer d’avancer », relate-t-il.
Une chose est sûre, ce genre d’épreuve n’a pas le droit d’être dans des climats agréables. « Il faut que ce soient les pires conditions possible », de spécifier Ray et Scott à l’unisson.
En attendant la grande compétition ténoise de mars, Ray Zahab a un horaire bien rempli. En juillet, il fera une course de 250 km au Chili, alors qu’en août, il montera la montagne Kilimandjaro, au Kenya. Il profitera de sa présence au sommet de cette montagne pour épouser sa fiancée. À l’automne, il fera une expédition de 6000 km en course à pied dans le désert pour le tournage d’un documentaire du célèbre acteur Matt Damon.
Entre temps, il est toujours à la recherche de commanditaires et continue d’offrir ses programmes d’entraînement et ses conférences sur la motivation. On peut visiter son site Internet au www.rayzahab.com.
