le Mercredi 24 juin 2026
le Mercredi 24 juin 2026 10:55 Arctique

Dérèglement climatique : dans le Nord, des pluies plus intenses, des sols plus secs

Une étude parue dans Nature révèle que l’assèchement des sols est accentué par des épisodes de pluie intenses, mais courts. — Photo Nelly Guidici
Une étude parue dans Nature révèle que l’assèchement des sols est accentué par des épisodes de pluie intenses, mais courts.
Photo Nelly Guidici

Une étude publiée dans Nature révèle que des précipitations plus concentrées en épisodes intenses réduisent la capacité des sols à retenir l’eau. Un phénomène observé à l’échelle mondiale, y compris dans les bassins du Yukon et du Mackenzie, qui pourrait accroitre le risque de feux de forêt dans le Nord.

Dérèglement climatique : dans le Nord, des pluies plus intenses, des sols plus secs
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Une étude publiée le 13 mai dernier dans la revue Nature, révèle que des précipitations plus concentrées réduisent la capacité de stockage d’eau des sols. Alors que la saison des feux de forêt est déjà en cours au Yukon et aux TNO, il est important d’étudier la sècheresse et ses causes, à la lumière du réchauffement climatique.

Pour Corey Lesk du département des sciences de la terre et de l’atmosphère, à l’Université du Québec à Montréal et coauteur de cette étude, la disponibilité en eau terrestre est un facteur déterminant pour le bienêtre des populations et des écosystèmes. Mais au-delà des variations des précipitations et de l’évaporation moyennes, il reste des zones d’incertitudes sur les effets de la concentration des précipitations sur l’équilibre hydrique. « On ignore comment la concentration des précipitations à l’échelle quotidienne en un nombre réduit d’évènements plus intenses affecte la répartition hydrologique et le bilan hydrique terrestre », peut-on lire en introduction de l’étude. 

À partir d’observations sur le terrain, l’étude conclut que des précipitations plus concentrées réduisent la disponibilité en eau terrestre dans tous les climats à l’échelle mondiale, un effet de sècheresse d’une ampleur aussi forte que l’effet d’humidification lié à l’augmentation des précipitations totales. En d’autres termes, l’assèchement des sols est accentué par des épisodes de pluie intenses, mais courts.

Quels sont les impacts sur la forêt boréale ?

Cette étude globale a cependant révélé des faits intéressants pour les TNO et le Yukon. Comme l’explique M. Lesk, l’ensemble des bassins hydrographiques du Yukon et du Mackenzie dans les nord des TNO sont affectés.

« Notre étude montre que lorsque les précipitations se concentrent davantage en un nombre réduit d’épisodes plus intenses, les terres ont tendance à être plus sèches. Cet effet va au-delà de l’influence générale de l’augmentation ou de la diminution des précipitations totales, et s’observe à l’échelle mondiale ainsi que dans les bassins hydrographiques du Yukon et du Mackenzie », explique le chercheur. 

En d’autres termes, la manière dont la pluie et la neige tombent est tout aussi importante que leur quantité.

D’après Corey Lesk, l’effet d’assèchement de ces changements fait pencher la balance en faveur d’une surface terrestre plus sèche et lorsque l’on ajoute à cela le fait que l’air plus chaud assèche de toute façon les forêts, ces résultats révèlent une nouvelle façon dont le changement climatique pourrait accroitre la probabilité et l’intensité des feux de forêt.