Ceux qui ont le cœur à gauche seront contents d’aller aux vues en fin de semaine. De vendredi à lundi, le World Community Festival bat son plein à Yellowknife et ce ne sont pas nécessairement les documentaires les plus apolitiques qui y sont primés.
Selon le site Web de la World Community Development Education Society de Vancouver qui organise l’événement, la programmation se compose de « documentaires qui explorent les questions de justice sociale ici et ailleurs ». Mais n’ayons pas peur des mots : c’est un beau florilège de propagande gauchiste qu’on présente en rafale au Northern United Place.
Le festival débutera ce soir avec une série de courts métrages réalisés par des vidéastes de la coopérative Western Arctic Moving Picture. Ce ne seront pas nécessairement les films les plus politiques du lot, mais on comptera parmi eux Stephen Harper’s Last Visit in the North une vidéo sur l’escale du premier ministre canadien à Yellowknife réalisée par Alex Beaudin et scénarisé par l’auteur de ce texte. Immédiatement après on tombe dans la gauche sérieuse avec Chavez, Venezuela and the New Latin America, un portrait du pas-du-tout-à-droite président du Vénézuela réalisé par Aleda Guevarra, la fille du révolutionnaire bien connu… La sélection compte aussi plusieurs titres anti-guerre dont Return to Kandahar de Deborah Garcia et Hijacking Catastrophe : 9/11, Fear and the Selling of Amrican Empire de Jeremy Earp et Sut Jhally, qui promet de démontrer comment le gouvernement américain a instrumentalisé la tragédie du 11 septembre 2001 pour éroder les libertés civiles des Américains. Rien de moins. Et la liste se poursuit avec autant de titres écolos, l’un sur un pipeline qui fait des ravages chez les indigènes de l’Amazonie, un autre sur l’agrobusiness. Alouette !
Pour l’équilibre des points de vue on repassera, mais c’est quand même mieux qu’une claque dans la face.
Notre sélection
Ce sont 25 titres différents que l’on vous propose durant ces quatre jours de festival. Ça fait beaucoup. Pour vous aider dans vos choix, j’ai sélectionné trois must de la fin de semaine. Si vous êtes déprimés, il faut absolument voir The Yes Men de Dan Oilman, parce que c’est probablement le seul film drôle du lot. Ce documentaire raconte comment deux militants experts en canulars ont réussi à se faire passer pour des représentants de l’Organisation mondiale du commerce et ont été accueillis à bras ouverts par le gratin de l’économie mondial alors qu’ils expliquaient que le pétrole à beau tuer des milliers de personnes, c’est une bonne chose parce qu’on gagne de l’argent. C’est vraiment hilarant. Ce sera projeté samedi à 20 h 25. Ensuite, je m’en voudrais de ne pas vous recommander Call From a Coast de Twyla Roscovich, tout simplement parce que cette réalisatrice a habité un bout de temps aux Territoires du Nord-Ouest et qu’il faut bien encourager notre monde. Allez-y donc, pas seulement pour Twyla mais aussi pour la photographie qui est très belle. C’est projeté dimanche après-midi pendant un marathon de films de moins de 35 minutes qui commence à 15 h 30.
Finalement mon coup de cœur va à The Worlds Colliding de Tasha Hubbbard. Ce film touchant raconte la tragique histoire d’Amérindiens de Saskatoon que des agents de police ont délibérément laissé crever de froid. C’est un film à la fois dur et bouleversant qui nous amène dans un univers underground tissé de silence et d’incompréhension mutuelle. Précipitez-vous. C’est projeté dimanche à 19 h 30
