le Vendredi 3 juillet 2026
le Vendredi 2 mars 2007 0:00 Divers

Les Échos de l’Assemblée

Les Échos de l’Assemblée
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L’accord de la discorde


La grogne contre l’Accord socio-économique (ASE) conclu entre le gouvernement des TNO et les promoteurs du Projet gazier du Mackenzie va croissante. Lors des derniers jours de débats, l’opposition a bombardé d’invectives le ministre de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement.


Le député de Great Slave, Bill Braden, s’est indigné du peu de ressources qu’on allouera au comité chargé d’effectuer la surveillance environnementale du mégaprojet. Cet organisme décrit dans l’ASE recevra un budget de départ de 100 000 $ et, par la suite, un financement annuel de 75 000 $. Le comité n’aura ni bureau, ni employés permanents. Le gouvernement n’occupera qu’un seul siège sur les huit que comptera ce comité.


Plusieurs députés ont signalé que cela était inférieur à ce que prévoyaient des ententes similaires signées avec les opérateurs des mines de diamants.


On reproche aussi à l’Accord d’avoir une définition trop large des « résidents du Nord », à qui des postes seront réservés. Selon les termes de l’entente, quiconque présente une preuve valide de résidence est considéré Ténois et est éligible aux avantages d’emplois. Cela, reproche Bill Braden, place sur un même pied d’égalité les Ténois nés dans le Nord qui désirent continuer leur vie ici et les natifs du Sud établis ici depuis à peine quelques mois dans l’optique de se trouver un boulot temporaire sur le pipeline.


« Il est abasourdissant de constater que le gouvernement ait accepté, par écrit, que les Ténois n’auront aucun avantage », s’est enflammé le député.


Pour sa part, le député du Sahtu, Norman Yakeleya, est déçu du manque de mesures obligeant les signataires de l’entente à respecter leurs engagements. Il a exigé que le ministre de l’Industrie se rende dans les communautés pour expliquer aux résidents les tenants et aboutissants de l’entente et ce que cela implique pour eux – « dans la langue des Dénés », a précisé Yakeleya.


À ce torrent de mécontentement, le ministre de l’Industrie, Brendan Bell, a répondu que les projets diamantaires et le gazoduc étaient « de nature très différentes » et qu’il était normal que les accords socio-économiques qui les accompagnent différent également.


Les mines emploient des milliers de travailleurs pour une période de 20 ans, alors que le pipeline n’emploiera un grand nombre de travailleurs que durant les trois ou quatre années de construction. Créer un nouveau bureau avec des employés permanents aurait été du gaspillage de fonds publics, a répondu le ministre.


Les critiques de l’ASE, estime-t-il, sont des rabat-joie qui s’entêtent « à voir le verre à demi-vide ». Après tout, l’Accord assure 3 000 emplois aux Territoires du Nord-Ouest, là où l’on ne compte que 2 000 chômeurs.



Une université de l’Arctique ?


Une université aux Territoires du Nord-Ouest, est-ce possible ? Le député de Kam Lake, Dave Ramsay et le député d’Inuvik Twin Lake, Robert Macleod, en rêvent.


Dans un discours passionné, Macleod a plaidé pour qu’une telle université soit implantée à Inuvik. « Le Canada est le seul pays du monde circumpolaire à ne pas avoir d’université arctique », a-t-il noté ajoutant que l’Année polaire internationale, qui débute ce mois-ci, était l’occasion de rattraper ce retard.


La région d’nuvik, selon lui, est l’emplacement idéal pour une université dédiée à la recherche nordique. On y retrouve autant de la toundra que de la taïga, les effets des changements climatiques comme la fonte du pergélisol y sont observables et c’est bien sûr l’épicentre du développement gazier dans l’Arctique canadien.


Le ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, Charles Dent, a indiqué qu’il serait difficile de construire une université physique. Mais il a ajouté que des plans existaient pour regrouper les centres de recherche des trois territoires associés à des universités du Sud sous l’égide d’un « campus virtuel » pan-territorial.


Une telle université virtuelle pourrait attirer des fonds fédéraux pour la recherche. « En travaillant ensemble, nous pourrions réussir à attirer ces dollars », a-t-il dit.


Macleod, déçu, a indiqué que les classes en ligne ne fonctionnaient pas pour les élèves du secondaire et que ce sera la même chose avec l’université.



Évincer les dealers :
un dossier prioritaire


Cette législature tire à sa fin et la perspective de voir des projets de loi mourir au feuilleton point à l’horizon législatif.


La député de Range Lake, Sandy Lee, a fait une sortie pour dénoncer la façon dont le ministre de la Justice, Brendan Bell, menait l’agenda parlementaire. Elle se demande pourquoi le gouvernement tarde à commenter un projet de loi sur l’exécution des ordonnances alimentaires (proposé en janvier 2006), qui vise à empêcher les mauvais payeurs de pensions alimentaires d’obtenir certains permis, alors que le cabinet presse les députés de l’opposition de se prononcer sur le projet de Loi visant à accroître la sécurité des collectivités et des quartiers, dit Loi SCAN, (introduit en novembre 2006), une loi qui permettrait d’évincer de leur logement des individus soupçonnés de s’adonner au commerce de drogue.


Le ministre Bell a insinué que le projet de loi auquel tient la députée de Range Lake ne faisait pas partie des « priorités législatives » de ce gouvernement. « Est-ce que nous passerons au travers de tout l’agenda législatif avant la fin de la législature ? J’en doute », a indiqué le ministre de la Justice.


Le lendemain, le président de la Chambre a sermonné Sandy Lee pour avoir posé une question qui relevait d’informations privilégiées discutées lors d’une réunion tenue à huis clos.