En poste à temps plein depuis début septembre, le directeur de la programmation Rudy Desjardins n’a pas tardé à apporter des changements à Radio Taïga.
La première décision significative du seul employé de la station a été d’implanter une émission matinale qu’il animera lui-même du lundi au vendredi de 7 h à 9 h.
Cette « émission de services », comme aime l’appeler Rudy Desjardins, présentera aux auditeurs une revue de l’actualité ainsi que les événements qui se passent dans la communauté. L’animateur espère aussi pouvoir compter sur la présence de chroniqueurs au fil des semaines, question de créer une dynamique différente.
Il est important pour celui qui remplace Alpha Sow comme directeur de Radio Taïga d’apporter une présence francophone matinale dans le paysage radiophonique de Yellowknife. « C’est toujours plaisant que les gens se réveillent avec quelqu’un qui leur parle en français », a-t-il affirmé.
Rudy Desjardins indique aussi que des bulletins d’information seront présentés sur Radio Taïga tous les matins à 9 h, 10 h et midi. Le directeur projette d’ailleurs de présenter ces capsules en ligne. « Les bulletins de nouvelles devraient être sur Internet bientôt afin qu’ils soient disponibles pour des communautés comme Hay River et Fort Smith », a-t-il signalé.
Retour de La chaise musicale
Quelques émissions de l’année dernière sont de retour dans la programmation 2007-2008 de Radio Taïga. Batiste Foisy animera à nouveau Personne n’en parle les lundis soir, l’émission Sans bon sens de Stéphane Gagné et ses chroniqueurs sera de retour un vendredi soir sur deux alors que Benoît Boutin continuera d’animer Bouge les bou-das le dimanche après-midi, une semaine sur deux.
Pour les amateurs de musique punk, métal et hardcore, les émissions À la découverte de l’inconnu et Les oreilles sensibles seront présentées coup sur coup les vendredis soir de 21 h à 23 h.
Constatant que de nombreuses plages restaient disponibles dans la grille horaire, Rudy Desjardins a décidé de ramener l’émission La chaise musicale, un concept qui avait été implanté par Sylvie Boisclair il y a quelques années, pour permettre à des bénévoles de goûter à l’expérience de la radio.
Un bénévole différent animera donc une émission chaque semaine. « Faut pas oublier que les bénévoles ont d’autres emplois, d’autres occupations […] Donc, pour eux, ça demande moins de temps, moins d’implication et, pour nous, ça élargit notre base de bénévoles en plus d’offrir plus d’émissions produites ici à nos auditeurs », de justifier Rudy Desjardins.
Dans les autres projets musicaux, le directeur de la programmation dit souhaiter la venue d’une émission de rap et une autre de dance sur les ondes de Radio Taïga. M. Desjardins veut aussi garder un contact constant avec les maisons de distribution afin que le répertoire d’albums disponible à la radio reste le plus à jour possible.
« La radio doit s’autofinancer »
Malgré toute la bonne volonté du directeur de la programmation, le statut de la seule radio francophone des TNO reste précaire. Même qu’au moment de dévoiler les grandes lignes de la programmation 2007-08 à L’Aquilon, Rudy Desjardins n’avait pas de contrat en poche et ne savait pas ce qu’il allait advenir de son poste.
Finalement, le directeur général de l’Association franco-culturelle de Yellowknife, Roland Charest, a confirmé qu’un contrat d’un an allait être offert au directeur de la programmation sous peu.
« On trouve que l’émission du matin est un excellent tremplin pour Radio Taïga. Il y a de plus en plus de gens qui nous parlent de la radio et de l’appréciation qu’ils ont pour l’émission du matin.. En fin de compte, les gens sont de plus en plus satisfaits de ce que Rudy a apporté comme modifications. Alors, on n’a pas intérêt à se débarrasser de ça », a souligné M. Charest.
Ce dernier concède que la radio ne roule pas sur l’or en ce moment et que de nombreux efforts devront être faits pour qu’elle soit rentable financièrement. « Actuellement, la radio n’est pas autonome. Parmi nos objectifs, va falloir qu’au moins le salaire de Rudy soit couvert par des revenus », explique-t-il.
« La radio doit s’autofinancer avec le temps, poursuit M. Charest. Il faut arriver à développer des produits connexes pour assurer la pérennité des revenus de la radio. Par exemple, si on pouvait offrir des services de disco-mobile, ça fait un produit qui pourrait générer des revenus pour que la radio arrive à se financer d’elle-même »
Le constat que fait Roland Charest, c’est que Radio Taïga est trop dépendante des subventions gouvernementales actuellement. « C’est comme toutes les associations qui existent. Si elles ne sont pas assez solides financièrement pour être autonomes, la journée où le gouvernement coupe, faut que tu coupes! », a-t-il illustré.
