Preuve que la culture métisse est toujours bien vivante, ils étaient plus d’une centaine de Métis et représentants de plusieurs autres communautés à célébrer la « Journée Louis-Riel » au Elks Hall (salle de Bingo) de Yellowknife le 16 novembre dernier.
Si l’anniversaire de pendaison de Louis Riel, le 16 novembre, se voulait un prétexte intéressant pour lui rendre hommage et tenir une soirée mettant en valeur les danses et la musique propres à la culture métisse, les organisateurs ont surtout insisté sur l’importance pour cette communauté de se manifester tout au long de l’année en présentant différents événements culturels.
« Ce n’est pas quelque chose que nous faisons à tous les ans, mais cette année, pour cette journée en hommage à Louis Riel, nous avons décidé d’organiser une activité culturelle. Nous avons des événements comme ça de temps en temps », a souligné Albert J. Lafferty, président du Conseil métis de Fort Providence.
« C’est pour aider à promouvoir la culture et l’héritage métis et, bien sûr, la danse et le violon sont une partie intégrante de notre culture », a pour sa part confié Darlene Mandeville, une des organisatrices.
M. Lafferty explique que la population métisse est encore très présente et très vivante aux TNO. « Il y a des Métis dans toutes les régions du bassin du fleuve MacKenzie et un peu partout autour du Grand lac des Esclaves », a-t-il noté, en donnant l’exemple des territoires du Sahtu, du Gwich’In et du Deh Cho. Revenant au prétexte de l’événement, le Métis d’origine a affirmé que Louis Riel avait laissé un héritage précieux à tous les Métis du Canada. « Ça l’a été un des plus grands leaders du 19e siècle dans les Prairies et au Manitoba. Il est devenu un héros national partout au Canada incluant les Métis des TNO », a-t-il prétendu.
Il a poursuivi en disant que la perception de Louis Riel et des Métis en général avait grandement changé au fil des générations. « À l’époque [de Louis Riel], les Métis étaient vus comme des traîtres. Les gens avaient une très mauvaise perception de notre peuple. Cent ans plus tard, les gens réalisent que les Métis voulaient simplement protéger leur mode de vie propre et Louis Riel a été un de meneurs pour négocier ça »
« Le père du Manitoba »
Né en 1844 à Red River, au Manitoba, le Métis Louis Riel est reconnu par ses pairs comme un héros national qui a donné sa vie pour la défense des droits des Métis. Plusieurs le considèrent aussi comme le « père du Manitoba ».
En 1869-1870, découragé par l’inertie du gouvernement canadien et inquiet du transfert de la Terre de Rupert appartenant à la Compagnie de la Baie d’Hudson, Riel crée un gouvernement provisoire pour combler le vide constitutionnel et protéger les droits de ceux qui occupent ce territoire. Malgré ses bonnes intentions, ce geste est considéré comme un acte de rébellion par le gouvernement du Canada. Accusé de traîtrise, Riel sera pourchassé et devra trouver exil aux États-Unis.
Sous l’insistance de Métis bafoués dans leurs droits et refoulés de plus en plus vers l’Ouest, Louis Riel revient au Canada en 1885 et organise une rébellion contre les autorités canadiennes. Quelques mois plus tard, après s’être rendu, Riel est reconnu coupable de haute trahison dans un jugement controversé et est pendu le 16 novembre 1885.
