Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) a annoncé, le 31 juillet dernier, que le salaire minimum augmenterait cet automne, passant de 16,95 $ à 17,20 $, soit une hausse de 25 centimes. Cette dernière est loin de répondre aux besoins de la population, selon les travailleurs rencontrés dans le centre-ville de Yellowknife. « Le salaire minimum n’est pas suffisant. La plupart des couts des biens que nous achetons ont augmenté. Ma suggestion est de placer le salaire minimum à 20 $ et plus pour contrer la pauvreté, parce que la plupart des individus ici n’ont pas les moyens de faire leur épicerie ou de se loger. Ainsi, tout l’argent que tu gagnes ira aux factures ou au logement, en te laissant avec rien. Ce n’est pas suffisant », a regretté Victoria Lee Ansiso, employée au Independant du centre-ville de Yellowknife.
« Ça me va, mais le salaire minimum devrait être plus élevé. Ce n’est pas assez. Je pense qu’on devrait au moins être à 20 $ de l’heure, mais je ne m’en plains pas trop parce que, quand j’ai commencé à travailler, le salaire était à 9 $ et quelques », se console pour sa part, une femme de ménage du Centre square Mall de la capitale des TNO, qui n’a pas voulu être identifiée.
Au centre de massage thérapeutique Re-Imagine Wellness, bien qu’elle ne soit pas directement concernée par le salaire minimum, la propriétaire Andrea Tulloch-Donaldson a affirmé que « honnêtement, lorsqu’on observe le cout de la vie, on se demande ce qu’un 17 $ peut changer ». La propriétaire du commerce a ensuite ajouté qu’« il est temps que le Canada agisse » : « C’est presque risible de voir, par exemple l’Alberta, qui s’appuie toujours sur le salaire minimum le plus bas du pays. Et là on se demande si les leadeurs canadiens se rendent compte de ce qui se passe, et comment ils comptent changer les choses à l’avenir », a-t-elle affirmé.
Honnêtement, lorsqu’on observe le cout de la vie, on se demande ce qu’un 17 $ peut changer.
Un salaire minimum qui reste en dessous de la moyenne nationale
Il faut savoir que le ministère fédéral Emploi et Développement social Canada a annoncé en mars dernier que le salaire minimum devait augmenter de 21 % dès le premier avril 2026, passant ainsi à 18,15 $ de l’heure.
Comparativement aux autres provinces et territoires, le salaire minimum était de 16,95 $ en 2025, pour passer à 17,20 $ cette année dans les TNO. Au Yukon, depuis le 1er avril, le salaire minimum est passé à 18,51 $, tandis qu’en Alberta et en Saskatchewan, le salaire minimum reste inchangé à 15 $, depuis 2019 et 2025 respectivement.
Le GTNO a indiqué dans un communiqué s’appuyer sur l’indice des prix à la consommation (IPC), calculé depuis quatre ans. Il s’agit pour le gouvernement de garantir une stabilité des marchés ainsi que le pouvoir d’achat des consommateurs ténois.
Il faudrait, selon le directeur exécutif de l’Armée du Salut, Tony Bushett, que le gouvernement s’asseye à la table des négociations pour parler des salaires dans les TNO.
Maintenir le dialogue avec les autorités
Tony Bruschett, directeur exécutif de l’Armée du Salut de Yellowknife, estime également que l’augmentation du salaire minimum ne tient pas compte des besoins réels des populations. Il considère que, malgré cette hausse, les plus démunies n’ont toujours pas les moyens de maintenir la tête hors de l’eau : « Qu’est-ce qu’on peut faire avec si peu ? », a-t-il commencé par demander, avant d’indiquer que le nouveau plafond des salaires ne représente en fait que l’équivalent d’« une tasse de café dans la vie des citoyens » : « Si tu travailles 40 heures par semaine, ça représente 6 ou 7 $ après impôt, donc ce n’est certainement pas suffisant pour faire une différence dans la vie des gens », a regretté le directeur. Le directeur invite le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) à s’assoir, afin de mettre cartes sur table, et de trouver une solution durable pour les populations : « Nous devons continuer de maintenir le dialogue avec le gouvernement fédéral, afin d’implanter une politique qui augmenterait le salaire minimum. Je sais que c’est compliqué de juste dire qu’il faut donner à tout le monde un salaire de 23 $ de l’heure. Mais il faut qu’il y ait une conversation à ce sujet parce qu’il y a trop de gens ici dans le nord, qui vivent en dessous du seuil de pauvreté » a fait valoir M.Brushett.
Il a ajouté que la situation dans le Nord est « la pire » dont il a été témoin depuis plusieurs années. « S’il y a quelqu’un en position d’autorité au sein du gouvernement, je lui demanderai de contacter les organismes communautaires. Je suis dans le domaine depuis deux décennies et je comprends l’impact sur les gens, de ne pas avoir les moyens de vivre. Donc, s’il y a quelqu’un là dehors qui peut tenir une conversation avec nous, nous serions très ouverts à l’accueillir pour en parler », a conclu le directeur.
