Le nombre de francophones aux TNO est pratiquement resté le même entre 2001 et 2006 selon les données sur la langue de Statistique Canada qui ont été rendues publiques le 4 décembre.
Au total, 970 personnes qui ont le français comme langue maternelle ont été répertoriées aux TNO lors du dernier recensement de 2006. En comparaison, on en avait comptabilisé 965 lors du recensement de 2001 (les données de Statistique Canada étant arrondies aux cinq unités).
Mais en terme de proportion, le français, comme presque partout ailleurs au pays, perd du terrain aux TNO. Les francophones représentaient 2,36 % de la population ténoise en 2006 contre 2,60 % cinq ans plus tôt.
Vishni Perris, statisticienne au niveau social et démographique au Bureau de la statistique à Yellowknife, apporte cependant un élément encourageant par rapport à la situation du français aux TNO. « [Le nombre de francophones] est identique à il y a dix ans, mais si nous regardons les parlants, ceux qui ont une connaissance des deux langues officielles, ça a augmenté » fait-elle remarquer. Mme Perris souligne qu’ils étaient 3 050 en 1996 à avoir une connaissance du français alors que le nombre a augmenté a 3720 personnes en 2006.
Celle-ci préfère comparer les nouvelles données de 2006 à celles du recensement de 1996, car elle indique que l’exercice n’avait pas bien été effectué en 2001 aux TNO. « Cette fois-ci, les données sont aussi fiables que le reste du Canada, dit-elle. Le recensement de 2001 avait été très mauvais ».
Le recensement de 2006 présente aussi pour la première fois des chiffres sur la langue la plus parlée à la maison. Sur les 970 Franco-Ténois répertoriés en 2006, seulement 445 parlaient principalement le français à la maison.
« Une majorité de gens parlent l’anglais à la maison », déclare Vishni Perris, concédant que cette langue ne cesse de prendre de plus en plus de place aux TNO. Le phénomène est vrai pour les francophones, il est encore plus réel pour les communautés autochtones. Il est en effet étonnant de constater que dans le groupe des 8 160 personnes qui n’ont ni l’anglais, ni le français comme langue maternelle, seulement 3 570 continuent de parler leur langue d’origine à la maison.
La statisticienne indique aussi que beaucoup de personnes d’origine autochtone ont l’anglais comme langue maternelle, mais elle ajoute qu’il s’agit d’un phénomène remarqué depuis de nombreuses années. Elle se demande d’ailleurs « combien de personnes de groupes autochtones peuvent parler une langue autochtone? C’est pas mal sur le déclin et je crois que ça va se poursuivre », a-t-elle conclu.
