le Vendredi 10 avril 2026
le Vendredi 14 Décembre 2007 0:00 Culture

Statistique Canada: Les communautés de l’espoir

Statistique Canada: Les communautés de l’espoir
00:00 00:00

Dans la foulée du dévoilement des analyses des données du recensement 2006 portant sur l’immigration et la citoyenneté et la composition des groupes linguistiques au Canada, les premiers résultats de la nouvelle enquête sur la vitalité des minorités de langue officielle ont été dévoilés ce mardi 11 décembre. Regroupés sous quatre thèmes principaux, les résultats de cette enquête permettent une meilleure compréhension de la réalité quotidienne des minorités de langue officielle, pour ainsi dire les communautés anglophones au Québec et les communautés francophones à l’extérieur du Québec.

Ainsi, l’appartenance identitaire et la vitalité subjective, l’utilisation des langues dans les activités quotidiennes, l’utilisation de la langue de la minorité dans l’accès aux services de soins de santé et la fréquentation scolaire ont établies la structure des ce rapport.

Les premiers résultats définissent que l’utilisation de l’anglais dans les activités quotidiennes des adultes de langue anglaise au Québec est beaucoup plus répandue que l’utilisation du français chez les adultes de langue française à l’extérieur du Québec. Les données reflètent également que le français prédomine dans les différents domaines sociaux uniquement dans certaines régions limitrophes du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario.

L’un des trois auteurs de ce rapport, Claude Grenier a accepté d’identifier les bases de cette étude. « Cette enquête postcensitaire dresse un portrait fidèle de ce que l’on peut retrouver au pays, en fonction de certaines dimensions permettant de définir la notion de vitalité. Lors du dernier recensement, nous avons identifié l’échantillon de notre nouvelle enquête grâce à trois questions : la langue maternelle, la connaissance des langues officielles, et la langue parlée la plus souvent. Au total, nos analyses se basent sur 20 067 adultes et 15 550 enfants. Il faut aussi savoir que les trois territoires ont été regroupés pour fournir plus de poids aux résultats. En effet, plus le nombre de réponses est bas et moins les estimations sont fiables. Alors si le document laisse percevoir que les territoires se démarquent des autres provinces, il faut être prudent, car nous avons récolté seulement 167 répondants, ce qui représente en poids pondéré 2420 individus. » Dès lors, on peu conclure que si 53 % des répondants des territoires pensent que la présence du français va augmenter au cours des dix prochaines années, ce qui est deux fois supérieur à la moyenne hors Québec, il ne faudra pas cesser de le revendiquer.

Puis l’analyste de Statistique Canada a poursuivi avec ses commentaires. « On peut remarquer deux contrastes sur l’ensemble du pays. Tout d’abord un vent d’optimisme en croissance depuis les dix dernières années en provenance des communautés en situation minoritaire. Et de l’autre côté, un comportement de décalage avec l’utilisation des services. Ce qui ressort aussi de l’étude, c’est que l’importance accordée par les minorités de langue officielle à l’obtention de services de santé par exemple, varie en relation directe avec la proportion que cette minorité représente au sein des municipalités. Il y a une concordance évidente entre le poids de la communauté et l’utilisation de la langue. »

L’enquête est officiellement destinée au Comité des langues officielles dans le cadre du Plan d’action fédéral sur les langues officielles. Pourtant, deux populations pourront tirer bénéfices de l’étude, la première sera les différents ministères pour le développement des politiques et la seconde sera les communautés minoritaires elles-mêmes pour revendiquer certains services.

En janvier, une seconde vague de résultats sera diffusée sur l’usage des langues de travail, orientée spécifiquement vers les communautés officielles.