Lorsque la photographe d’origine turque, Ozgur Culha, est arrivée dans les TNO il y a trois ans, elle a été fascinée par la diversité culturelle de la population et sa capacité à s’adapter à cette région nordique. C’est ce qui lui a inspiré son projet d’exposition de photographies de portrait présenté au Centre du patrimoine septentrional Prince de Galle de Yellowknife jusqu’au 15 février.
Cette exposition intitulée Home présente une vingtaine de clichés de gens du Nord, principalement des immigrants venus s’établir ici et des Autochtones, dans leur quotidien. À l’intérieur des murs du Centre Prince de Galle, les visiteurs peuvent aussi entendre des rites autochtones et des musiques du monde qui donnent un cachet encore plus authentique à l’exposition.
Ozgur s’est déplacé au cours de la dernière année dans les communautés de Hay River, Fort Smith, Inuvik et Tuktoyaktuk en plus de Yellowknife, où elle habite, pour prendre ces photos de gens bien ordinaires, mais qui avaient, chacun, leur histoire unique à raconter.
Étant quelqu’un qui aime aller vers les gens, la photographe de 35 ans explique qu’elle s’efforçait de tisser un lien de confiance et d’amitié avec les gens qu’elle désirait poser. « J’aime vraiment travailler avec les gens ordinaires et écouter leurs histoires. Je passais d’abord du temps avec eux, je les rencontrais, je leur parlais. Je voulais aussi savoir s’ils étaient d’accord que je prenne leur photo et si j’avais leur permission pour les utiliser. Ensuite, je prenais de 20 à 50 clichés dépendamment du temps disponible et je choisissais la bonne. Ça c’était la partie la plus difficile »
À l’origine, lorsque qu’elle a soumis pour financement son projet d’exposition de portraits à la NWT Arts Council en 2006, elle voulait mettre en relief la grande capacité d’adaptation des gens du Nord. « Ce n’est pas facile d’habiter dans le Nord, particulièrement l’hiver. La température est très froide. Mais en tant qu’humain, nous venons tous d’un peu partout dans le monde et, quand on y pense, quelqu’un qui arrive de l’Afrique, c’est presque 80 degrés de différence. C’est incroyable! Mais nous survivons tous », a-t-elle raconté.
Au fil des discussions avec ses sujets lors des séances de photos, elle a réalisé que tous avaient un très grand attachement avec le Nord, d’où le nom de son exposition. « Je leur demandais ce que le Nord voulait dire pour eux et ils me disaient que c’était leur chez soi. D’être capable de se sentir chez soi et d’avoir ce sentiment d’appartenance, c’est majeur! Ça m’a vraiment frappé et j’étais contente de l’entendre car c’est le processus dans lequel je suis aussi », a révélé Ozgur.
Il s’agit d’une deuxième exposition pour Ozgur. En 2005, elle avait présenté des photographies prises dans sa Turquie natale, là où elle a passé les trente premières années de son existence. Celle qui a vécu aussi quelques années à Edmonton avant de bifurquer vers le Nord a découvert sa passion pour la photographie lors de ses études universitaires à Istanbul.
Elle dénote des similitudes entre le Nord canadien et le pays où elle a grandi. « Là où mes parents habitent, les gens sont très gentils et accueillants. Je vois la même chose dans le Nord. Les gens sont très chaleureux », a-t-elle confié.
Dans ses projets futurs, Ozgur Culha aimerait bien présenter son exposition Home dans d’autres communautés des TNO. Elle se donne aussi comme objectif de participer à différents festivals comme le Great Northern Art Festival d’Inuvik qu’elle a la chance d’assister l’été dernier.
