Un sondage mené auprès de 650 résidents de plus de 18 ans, du Yukon, des TNO, du Nunavut et du Nunavik, mené en mai 2026, par l’observatoire de la politique et de la sécurité de l’Arctique (OPSA), le réseau canadien de la défense et de la sécurité ainsi que le Centre d’études politiques internationales a permis de recueillir les réponses des résidents de l’Arctique et leur degré de satisfaction envers les différentes instances de gouvernements dans un contexte de renforcement de la sécurité dans le Nord.
Anessa Kimball, professeur titulaire en sciences politiques à l’Université Laval, remarque que les États-Unis sont dorénavant perçus comme une menace dans la région Arctique par 48 % des répondants contre 37 % en 2025.
Une inquiétude croissante
En 2025, un premier sondage avait mis en lumière une vision plutôt sombre. Cette année encore, les personnes interrogées ont exprimé leur pessimisme face à la nature des menaces qui pèsent sur l’Arctique canadien.
Anessa Kimball, professeure titulaire en sciences politiques à l’Université Laval, qui collabore avec l’Observatoire de la politique et de la sécurité de l’Arctique, remarque que les États-Unis sont dorénavant perçus comme une menace dans la région Arctique par 48 % des répondants contre 37 % en 2025, tandis que seulement 30 % citent la Russie (35 % en 2025) et 12 % seulement la Chine (17 % en 2025).
De plus, 60 % des personnes interrogées pensent que le Canada devrait adopter une ligne ferme pour défendre ses territoires de l’Arctique et seuls 26 % estiment qu’il vaut mieux négocier un compromis avec les autres pays contre 47 % en 2015.
Par ailleurs, les menaces pesant sur l’espace aérien canadien ont été perçues comme les plus préoccupantes, 50 % des personnes interrogées se sentant peu ou pas du tout en sécurité face à une éventuelle attaque aérienne, peut-on lire dans les résultats du sondage.
Une menace maritime
Les perspectives des régions du Nord concernant le trafic maritime futur sont sans équivoque, peut-on lire dans les résultats du sondage. Alors qu’une augmentation du trafic maritime est prévue dans les prochaines années, 85 % des répondants partagent cette hypothèse, qu’il s’agisse d’une augmentation significative (38 %) ou d’une augmentation modérée (47 %).
En revanche, les types de vaisseaux et la menace potentielle qu’ils représentent est perçue différemment. Au Nunavut, les répondants ont des opinions relativement similaires sur les navires de fret et les navires de croisière, ces deux types de navires étant considérés comme une menace par une proportion similaire de personnes interrogées (respectivement 35 % et 28 %). Cela met en évidence des points de vue divergents concernant le tourisme dans ce territoire : certaines communautés sont ouvertes au tourisme et aux navires de croisière, tandis que d’autres se montrent plus réticentes à saisir cette opportunité économique potentielle.
Au Nunavik, les bateaux de croisière sont davantage perçus comme des menaces. Ces réponses illustrent une différence de perception entre les habitants et le point de vue des experts sur les questions de sécurité.
« Les experts vont souligner que les menaces dans l’Arctique, ce sont souvent les vaisseaux de pêche ou les vaisseaux scientifiques de la Chine ou de la Russie. Et donc, encore une fois, on voit un désalignement avec ce que les experts disent et ce que les gens qui vivent là ont comme perception de la menace », explique Mme Kimball.
Les experts vont souligner que les menaces dans l’Arctique, ce sont souvent les vaisseaux de pêche ou les vaisseaux scientifiques de la Chine ou de la Russie. Et donc, encore une fois, on voit un désalignement avec ce que les experts disent et ce que les gens qui vivent là ont comme perception de la menace.
Un manque de consultation du gouvernement fédéral
Certaines questions du sondage abordent également la satisfaction des habitants du nord à l’égard de leur gouvernement territorial ainsi que du gouvernement fédéral. Dans l’ensemble, les résultats montrent que les répondants reconnaissent certaines opportunités économiques avec des offres d’emplois intéressantes, mais le gouvernement fédéral ne consulte pas suffisamment les habitants du Nord.
Malgré le manque de consultation, de la part du gouvernement fédéral, exprimé par les répondants, les effets positifs des emplois et des projets fédéraux qui se développent en Arctique sont plutôt bien considérés. « C’est sûr que cela démontre justement le fait que la confiance est encore à bâtir entre les gouvernements et les personnes qui vivent dans ces régions-là », remarque Mme Kimball.
Par ailleurs, le niveau de satisfaction à l’égard des gouvernements territoriaux est élevé, ce qui offre à ces derniers l’opportunité de jouer un rôle plus central dans les décisions importantes. Ces administrations bénéficient clairement d’un capital de sympathie de la part du public et pourraient être mises à contribution.
