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le Vendredi 1 février 2008 0:00 Culture

Il y a plein d’autres routes d’hiver En économie touristique

Il y a plein d’autres routes d’hiver En économie touristique
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Depuis 1982, la célèbre route de glace allant du lac Tibbitt aux TNO jusqu’au lac Contwoyto au Nunavut est indispensable pour acheminer les ressources nécessaires aux différentes exploitations minières situées au Nord de Yellowknife. Cette route d’hiver a reçu une attention particulière en 2007 grâce à la première saison de la série télévisée Ice road trucker du canal History qui dépeignait la réalité de six chauffeurs besognant sur cette route. Parsemée de séquences nordiques expliquant les aurores boréales, les chiens de traîneaux ou les températures extrêmes, cette série a battu le record d’audience de la chaîne et une seconde saison a déjà été lancée. Cet engouement s’est propagé et d’autres maisons de production se sont intéressées à cette route étonnante. Seulement même si la route de Tibbitt devenait le chemin indispensable à la réussite de nombreuses séries télé, ceux qui gèrent la sécurité sur cette route privée en ont jugé autrement. Les deux mois d’opération de l’année 2008 se feraient sans aucune caméra qu’elle soit à l’extérieur ou à l’intérieur d’un transporteur routier a fait savoir la compagnie Nuna Logistics qui coordonne la construction et les va-et-vient sur la route.

Sur la liste des intéressés à utiliser ce concept se retrouve le canal History, la chaîne National Geographic, la BBC et Bonne Pioche Production la compagnie française ayant produit La Marche de l’Empereur. Et finalement comme le dit Terry Woolf qui est un cadreur indépendant d’expérience embauché par la série du National Geographic : « Il y a plein d’autres routes d’hiver dans le Nord », alors leur attention se tourne maintenant vers la route de glace d’Inuvik et de Tuktoyaktuk. « Nous vivons dans une région sauvage aux yeux de beaucoup, ajoute le ténois. Les paysages et la faune couplés à la vie dans le Nord attirent le monde. Maintenant ce sont les voies de transport et la réalité de nos villages isolés qui intéressent. Je trouve que l’économie du film n’est pas en danger à cause des complications de tournage. Que ce soit à Yellowknife où dans le Delta du Mackenzie, le travail va se faire quand même. Je pense que cette diversité est plutôt bonne pour les régions. Il reste que le Nord est quand même sur la scène et que l’économie générale va en bénéficier. »

Un autre aspect bénéfique de cette devanture télévisuelle est l’intérêt touristique drainé par ces émissions. Beaucoup de gens regardent la télé, beaucoup de gens sont exposés aux beautés et à l’aventure dans le Nord. Gary Jaeb est le président de la compagnie True North Safaris et gère une pourvoirie située sur le parcours de la route de Tibbitt. « Nous pensons que ces émissions sont positives, répond-il quand il est questionné sur l’impact de cette publicité gratuite sur son industrie. Beaucoup de gens nous situent grâce à la série Ice Road Trucker. La seule chose c’est qu’ils ont dévié la réalité un peu. Même si cela reste une aventure extraordinaire pour les touristes, ceux qui y travaillent constamment focalisent sur la sécurité. La série a modifié un peu la constitution de la glace, je dirais, ils ont changé la véritable glace d’hiver pour de la glace d’Hollywood ! »

Depuis deux ans maintenant, Gary Jaeb organise des voyages pour touristes sur cette route de glace. « Les complications au niveau de la sécurité peuvent jouer contre nous, mais nous pensons déjà à explorer d’autres voies. Par exemple, celle de voyages qui desservent les communautés autochtones au nord de Yellowknife et qui sont reliées a des routes d’hiver, mais publiques celle-ci. Ensuite nous pouvons organiser des résidences chez l’habitant. C’est un concept qui plaît aux Européens. C’est une alternative à la diminution des visiteurs américains qui depuis la parité monétaire se font moins présents », explique-t-il.

Au ministère de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement, on n’avait pas vraiment élaboré sur la question d’une économie touristique découlant de la promotion des TNO par l’industrie du cinéma et de la télévision. Drew Williams coordinateur des communications de ce ministère avoue que le GTNO n’a jamais rien initié pour développer ces projets ciblant les routes d’hiver essentielles aux résidents ténois. « Les gens ici dépendent de ces routes de glace, c’est à cela que nous travaillons, si elles peuvent développer un regard international sur nos réalités et susciter l’intérêt des aventuriers et des touristes, c’est un très bon résultat, mais indépendant de nos actions. Les routes d’hiver deviennent vite des réalités économiques pour les compagnies qui fonctionnent ici, le temps est critique » dit-il. Alors comme le ministère de l’Industrie gère aussi le bureau du cinéma des TNO, les priorités sont simples au sein du gouvernement. Selon le fonctionnaire, l’industrie du cinéma aux TNO ne peut vraisemblablement pas recevoir de portefeuille pour alimenter l’économie touristique, la seule chose possible pour le bureau du cinéma est de continuer d’agir comme liaison entre deux mondes le cinéma et celui de l’industrie ténoise.