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le Vendredi 22 février 2008 0:00 Culture

Échange international: Une bouchée nordique

Échange international: Une bouchée nordique
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Après une ballade en traîneau à chiens et un tour de Bombardier, les 16 jeunes de l’échange étudiant Rotary international venu des quatre coins du monde pour passer un an au Canada et qui voyage aux TNO pour découvrir le Nord pendant une semaine se sont retrouvés autour d’un souper typique du Grand lac des Esclaves : ragoût de caribou, bannique et poissons fris qu’ils ont eux-mêmes pêché. Parmi les hispanophones, nippophones et germanophones, L’Aquilon a rencontré deux jeunes francophones qui étaient surpris de pouvoir sortir momentanément de leur immersion prolongée dans un environnement anglophone. Justine Spirlet de la Belgique et Maxime Prat de la France se sont exprimés sur leurs expériences au pays de la feuille d’érable.

Ce qui étonne le plus ces Européens, c’est l’immensité du territoire. Bien au chaud dans une cabine sur un lac gelé aussi grand que la Suisse, ils commentent les grands espaces blancs. « Pour moi, dit Justine, ici c’est l’expérience du Canada ! Je suis heureuse d’être venue pendant l’hiver. Car c’est l’image qui nous est véhiculée. En plus, c’est vraiment différent de ce qu’il y a en Europe, je veux dire le paysage et le fait qu’il n’y ait personne sur des kilomètres et des kilomètres. Quand j’ai dit à ma famille que j’allais faire six heures de route pour me rendre à Hay River, ils m’ont répondu qu’il n’y avait que les Américains pour parler en nombre d’heures ». Justine raconte qu’elle aussi avant son départ, elle ne voyait pas trop la différence entre les États‑Unis et le Canada. Maintenant, elle explique qu’elle mesure une véritable distinction entre les deux sociétés.

« Par les médias, je vois bien que ce n’est pas la même chose. Ici tout le monde est sympa et je serais fière d’être Canadienne. »

Par rapport à l’Europe, les comparaisons ne s’arrêtent pas là. « Je vois une grosse différence avec l’éducation, ajoute Justine. J’ai fini mon cursus secondaire en Belgique l’an passé. Cette année en Colombie-Britannique, je suis en 12e année dans une classe d’immersion. C’est beaucoup moins strict ici, je vois des jeunes avec des Ipods et nous avons les quatre mêmes cours à chaque jour. En Belgique, nous avons huit heures de cours, huit matières différentes. »

La vingtaine de jeunes du Rotary issus du district de l’Alberta sont éparpillés dans toute la province et dans celles des alentours : Justine se plaît à Dawson Creek et Maxime découvre le grand Edmonton. Comme les autres, ils rentrent dans l’intimité de trois ou quatre familles durant leur séjour d’un an environ. « À chaque fois, cela nous fait connaître une autre facette du Canada, quand nous changeons de famille, nous changeons de style et nous partageons autre chose aussi », déclare Justine. Maxime, lui au fil des mois est devenu un partisan des Oilers d’Edmonton. « Ma première famille habitait en périphérie du centre-ville. Ensuite j’ai vraiment habité en ville, et je suis devenu un adepte du spectacle qu’offre le hockey ici, c’est vraiment différent qu’en Savoie d’où je suis originaire. Je suis allé voir une vingtaine de matchs depuis le début de la saison. J’aime cette ville, je trouve que le transport en commun est bien, car en fait moi c’est la première fois que je vis dans une grande ville et même si les gens critiquent tout le temps le système collectif, je trouve qu’ils sont efficaces », avoue Maxime. Pour ce dernier, ce sont les grosses automobiles, la profusion des téléviseurs à écran plat, les fontaines d’eau dans toutes les demeures qui dénoncent un véritable décalage avec l’Europe.

Durant leur voyage, il est prévu que les jeunes de cette organisation accompagnés par leurs chaperons prennent un avion pour survoler la taïga boréale lors de leur séjour à Yellowknife. « J’aimerai, déclare Maxime, que nous ne nous arrêtions pas et que le pilote nous dise que nous allons voler plus au Nord encore pour observer des ours polaires. Je veux être pilote de ligne plus tard, et je suis excité par cette expérience en Twin Otter avec un pilote de brousse. Cette année est bénéfique pour moi, car je sais que pour le concours d’entrée pour devenir pilote en France, il y a beaucoup de participants qui buttent sur l’Anglais, je ne pouvais pas mettre en péril mon rêve juste pour une question de langue. »