Pour la première fois de son histoire, Radio Taïga a un journaliste qui se consacre entièrement à la couverture de nouvelles. Samuel Ranger, un étudiant à la Cité collégiale d’Ottawa, a été recruté à titre de journaliste stagiaire au cours de l’hiver et a fait ses débuts à la radio communautaire francophone le 15 avril. Même si son stage ne durera que quatre semaines au total, il s’agit néanmoins d’un premier pas symbolique vers une politique de l’information plus poussée à Radio Taïga dans les prochaines années.
Rudy Desjardins, directeur de Radio Taïga, signale qu’il est d’ailleurs à compléter des démarches pour engager un journaliste à temps plein pour tout l’été dans le cadre du programme Jeunesse Canada au travail. Il veut ainsi poursuivre la dynamique journalistique initiée par l’arrivée de Samuel Ranger.
« Je pense que c’est le premier journaliste à temps plein pour couvrir l’actualité [depuis la création de Radio Taïga en 2001]. Il ne fait rien d’autre. Moi, quand je suis arrivé, je faisais un peu de tout », a comparé M. Desjardins, qui possède aussi une formation en journalisme.
Pour le directeur de la radio, il est très important que le volet information de la radio soit le plus poussé possible et l’embauche d’un journaliste qui ne se consacre qu’à la couverture sur le terrain devient alors essentielle. « C’est important d’avoir du monde sur le terrain pour la visibilité. Ensuite, l’information, c’est dans notre mandat au sein de la communauté. Il faut essayer au moins de couvrir toutes les activités francophones, tout ce qui se passe », a-t-il soutenu.
Roland Charest, directeur général de l’Association franco-culturelle de Yellowknife, l’organisme qui chapeaute les activités de Radio Taïga, partage le même avis et insiste sur le fait que les auditeurs « accrochent sur l’information ».
Le scénario idéal de Rudy Desjardins et Roland Charest à long terme serait d’avoir deux ressources en permanence à Radio Taïga. Une qui se consacre à l’animation et à la programmation, comme le fait Rudy Desjardins en ce moment, et une autre qui se consacre entièrement à la couverture journalistique.
« Ça, c’est l’orientation qu’on voudrait donner à Radio Taïga, mais ça ne pourra pas se faire à court court terme. Ça va se faire graduellement par des projets comme ça », a déclaré M. Charest, qui acquiesce que l’embauche de Samuel Ranger constitue un premier pas dans la bonne direction.
Yellowknife ou rien
C’est Samuel Ranger lui-même qui a entrepris les démarches pour venir faire du journalisme à Yellowknife. « En fait, Samuel m’a contacté début janvier parce qu’il est étudiant à la Cité collégiale et, pour avoir son diplôme, il doit faire un stage. Et lui, il était intéressé à le faire ici », a expliqué Rudy Desjardins, qui a reçu cet appel comme un cadeau du ciel.
« C’était la première place que j’ai appelée et en dedans de 15 minutes, j’avais un stage et j’étais engagé pour l’été. C’était facile de même », raconte celui qui complétera sous peu un diplôme en journalisme électronique.
Et pourquoi cet intérêt pour Yellowknife? « Tant qu’à faire un stage, aussi bien de le rendre intéressant et voir du pays en même temps et j’avais eu l’expérience d’aller dans l’Ouest et dans le Nord avant et j’avais bien aimé ça », a souligné Samuel Ranger. Il précise que Yellowknife était la seule destination extérieure qu’il avait en tête. Si Radio Taïga n’avait rien eu pour lui, il aurait opté pour un stage plus conventionnel dans la région de Montréal.
Le jeune homme de 21 ans s’est fait offrir par Rudy Desjardins d’occuper le poste de journaliste tout l’été à Radio Taïga, mais celui-ci est plutôt attiré par une carrière en production télévisuelle dans le futur. Après avoir complété son stage à la radio francophone en mai, Samuel compte bien rester à Yellowknife pour la période estivale et aimerait bien travailler sur divers projets audiovisuels.
