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le Vendredi 25 avril 2008 0:00 Culture

Célébrations du 400e anniversaire de Québec: Le GTNO refuse de contribuer

Célébrations du 400e anniversaire de Québec: Le GTNO refuse de contribuer
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Alors que le gouvernement du Canada ainsi que les gouvernements provinciaux et du Yukon ont tous accepté de participer financièrement au projet Francoforce, les TNO et le Nunavut font bande à part en refusant de contribuer dans cette initiative culturelle visant à célébrer les 400 ans de présence française en Amérique du Nord.

Annoncé en grande pompe le 20 mars dernier, dans la ville de Québec, qui célèbre cette année son 400e anniversaire de fondation, le projet Francoforce prévoit une grande tournée dans les dix provinces et trois territoires du pays du 29 mai au 1er septembre. Dans chaque ville canadienne, cette grande manifestation francophone sera marquée par l’érection d’un imposant dôme de 22 mètres de diamètre – appelé le Francodôme – dans lequel seront présentés des spectacles, des projections multimédias, des expositions et autres activités qui mettront en valeur la vitalité francophone au pays.

Ces célébrations se dérouleront sur trois journées dans la plupart des provinces et territoires et sur trois semaines dans la Vieille Capitale au cours du mois d’août. Il s’agit de la plus importante production culturelle et de mise en valeur de la francophonie canadienne jamais réalisée.

Les francophones des TNO et du Nunavut n’auront cependant pas droit à un spectacle de même envergure en raison de l’absence d’implication des deux gouvernements territoriaux. En fait, les spectacles de Yellowknife et d’Iqaluit ne se dérouleront que sur une journée et ne présenteront pas autant d’artistes que dans les autres provinces et le territoire du Yukon. De plus, le Francodôme, cette structure géodésique qui peut contenir jusqu’à 500 personnes, ne sera pas amené dans les deux capitales nordiques. Les associations francophones locales doivent donc se charger de trouver un endroit pour présenter le spectacle.

« Ce que vous allez avoir, c’est une version condensée parce que, sur scène, il y a 11 artistes dans la version originale. Mais dans la version condensée, il va y avoir cinq artistes », a expliqué René Légère, producteur délégué de la Francoforce.

Ce dernier précise que c’est grâce à l’importante contribution du fédéral, qui fournit 1,1 million de dollars au total dans cette tournée pancanadienne, qu’un spectacle sera tout même présenté dans les deux territoires. « Comme c’était une initiative appuyée en partie par le gouvernement fédéral, les gens ont décidé d’aller quand même à Yellowknife et au Nunavut avec une version réduite », a affirmé M. Légère.

Le spectacle de Yellowknife aura lieu le 1er juillet alors que celui d’Iqaluit sera présenté le lendemain. Les artistes confirmés pour l’instant pour ces deux événements sont Antoine Gratton, du Québec, Pierre Blanchard et Mélanie Leblanc, du Nouveau-Brunswick, et Geneviève Toupin, du Manitoba.

Le GTNO incrédule

Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) s’est contenté d’une brève déclaration écrite à L’Aquilon pour justifier cette absence de participation. « Au lieu de dépenser des ressources peu abondantes pour un événement d’un instant, notre gouvernement croit que le financement de 40 000 $ requis par le GTNO pour avoir le dôme et une présentation plus large sera mieux dépensé sur des activités francophones plus complètes et à plus long terme pour le bénéfice de tous les résidents francophones des TNO au lieu de seulement ceux de Yellowknife », peut-on lire.

Il n’a pas été possible d’obtenir de plus amples commentaires du GTNO ou des précisions sur les activités francophones à long terme qui pourraient être envisagées.

Léo-Paul Provencher, directeur général de la Fédération franco-ténoise (FFT), indique que le GTNO avait été approché l’automne dernier pour contribuer à cette manifestation francophone. À l’époque, on lui avait simplement répondu que le gouvernement n’avait pas d’argent pour ce genre de projet. M. Provencher précise qu’il n’a jamais été question d’une contribution précise de 40 000 $, comme l’affirme le GTNO dans son bref communiqué. La Fédération culturelle canadienne française (FCCF), l’organisme qui coordonne le projet Francoforce, confirme que chaque gouvernement provincial ou territorial était libre de verser le montant d’argent qu’il désirait. Le directeur de la FFT pense même qu’un simple appui financier, aussi petit soit-il, aurait pu changer la donne.

« Si le gouvernement avait dit: J’ai quelques milliers de dollars, j’en ai pas beaucoup, mais parce qu’on trouve l’événement important, on va faire un geste symbolique malgré notre pauvreté, je pense que ça aurait été extrêmement le bienvenu et ça l’aurait peut-être forcer la main de l’organisation sur le plan pancanadien pour que le Francoforce vienne dans toutes ses couleurs », a-t-il dit.

Le président de la FFT, Fernand Denault, est pour sa part très déçu de l’attitude du gouvernement territorial dans ce dossier et ne parvient pas à concevoir que celui-ci puisse ignorer une manifestation d’une si grande importance, étant donné que les francophones ont eu une influence historique majeure sur le développement des TNO. « C’est triste parce que toute une industrie qui a été valorisée pour si longtemps, celle de la traite des fourrures, c’est dû aux premières visites des coureurs des bois [francophones]. Le territoire a des relations de longue date avec la francophonie », a-t-il raconté.

Le député Abernethy s’indigne

Le député territorial de Great Slave, Glen Abernethy, a paru indigné lorsqu’il a appris cette semaine le refus du GTNO de participer au projet Francoforce. Celui qui avait fait une déclaration en Chambre lors de la session législative de février sur l’importance de souligner aux TNO ce 400e anniversaire du fait français en Amérique croit que le gouvernement aurait pu au moins faire une contribution symbolique.

« Nous sommes cassés, mais je pense qu’un petit montant aurait été mieux que rien du tout. Ça l’aurait été l’engagement du territoire pour la langue française et pour un événement significatif qui se passe en lien avec le 400e anniversaire de Québec. C’est quelque chose de gros. C’est une partie importante de l’héritage canadien et de sa culture », a-t-il confié.

Sans nécessairement égaler le montant de 30 000 $ fourni, par exemple, par le gouvernement du Yukon, M. Abernethy croit qu’un apport de 5 000 $ ou 10 000 $ aurait été approprié dans un contexte où le GTNO s’apprête à entreprendre des compressions de 135 millions $ sur deux ans. Il a indiqué qu’il allait tenter de voir auprès des personnes concernées s’il ne serait pas possible de rectifier le tir au gouvernement.

Pour l’instant, la seule action prévue par le GTNO pour souligner ce 400e anniversaire est de hisser le drapeau du Québec et faire sonner les cloches à l’Assemblée législative le 3 juillet, date à laquelle Samuel de Champlain a accosté sur les rives de ce qui est devenu depuis la ville de Québec.