Aquilon: Il est très rare que des artistes québécois viennent faire leur tour au nord du 60e parallèle, le dernier gros nom étant Kevin Parent en 2002. Qu’est-ce qui a motivé votre visite ici (mis à part le cachet, bien sûr…)?
Dumas: L’invitation simplement. Moi, je suis quelqu’un qui aime beaucoup voyager. Bon évidemment, Yellowknife ce n’est pas un détour habituel, mais je suis super excité d’aller là-bas. C’est une belle invitation en fait. Quand on m’invite, j’y vais.
AQ: Quelle image te fais-tu de Yellowknife et des Territoires du Nord-Ouest en général?
Dumas: Des grands espaces. Bon, en fait, tout reste à voir, mais je vois ça comme des grands espaces. Je fais de la photo aussi et je vais sûrement amener mon appareil pour prendre des photos. Sinon, la ville de Yellowknife, je connais peu de choses, mis à part un court métrage que j’ai vu pendant les Rendez-vous du cinéma québécois. C’était un court métrage d’un enseignant de français qui va travailler à chaque matin en vélo dans la neige. Je ne me rappelle pas du nom, mais on voyait la ville un peu.
AQ: Pour la photo, tu vas être gâté car il y a de beaux paysages.
Dumas: C’est ça qui est cool. L’invitation, je l’ai acceptée parce que je trouve ça extraordinaire. Ce sont des coins qu’on ne va pas automatiquement en vacances. La musique me donne la chance de voyager comme ça dans des endroits que je n’irais pas nécessairement par réflexe.
AQ: Est-ce que faire des tournées pancanadiennes dans des communautés francophones hors Québec est souvent discuté dans le milieu artistique québécois?
Dumas: Discuté? Je ne sais pas. Moi, j’ai joué à Sudbury déjà. J’ai fait Vancouver qui est plus loin. C’est toujours intéressant d’y aller, mais le problème souvent, c’est que c’est coûteux parce que c’est quand même assez loin. Mais moi, de faire je ne sais pas combien d’heures d’avion pour pouvoir chanter en français à des kilomètres du Québec, je trouve ça génial! Mais c’est rare, il n’y a pas beaucoup de tournées pancanadiennes malheureusement.
AQ: Au Québec, les gens payent pour voir tes spectacles, c’est un public qui te connaît, qui connaît tes chansons. Ici, ce sera un spectacle gratuit avec toute sorte de monde qui risque d’être là par hasard et qui ne connaîtra pas tes compositions. Est-ce que tu vas aborder le spectacle différemment?
Dumas: Je vais l’aborder différemment parce que, bon, je suis pratiquement inconnu et je vais jouer devant un public qui ne me connaît pas. Mais cet exercice-là, je l’ai fait assez souvent parce que je suis souvent aller faire des premières parties en France, donc j’ai souvent joué devant des personnes qui ne me connaissent pas. Pour moi, c’est un défi. Le but, c’est que les gens passent du bon temps pendant une heure et demie, deux heures. Mais c’est un beau défi et je trouve ça sain en même temps.
AQ: En plus du spectacle principal au Top Knight, tu vas offrir une prestation en après-midi devant des élèves francophones de Yellowknife. T’arrive-t-il souvent de jouer dans des écoles?
Dumas: C’est très rare! Mais je trouve ça super intéressant. Moi, quand j’étais à l’école, quand j’étais jeune, j’aimais ça quand des artistes venaient nous visiter. Des fois, ce sont des passions qu’ils transmettent. S’il y a un kid qui est francophone et que je convaincs de chanter en français, parce que souvent les jeunes ont le réflexe de chanter en anglais, mais pour moi, si je peux convaincre une personne ou lui donner le goût, je ne sais pas, d’aller acheter un livre en français, c’est cool! C’est le meilleur public, les jeunes, de toute façon.
AQ: Est-ce que tu vas privilégier ton dernier album Fixer le temps lors du spectacle à Yellowknife?
Dumas: Ça va être un mélange de mes trois albums. Mais ça, ça change. Ça dépend des soirs. Je suis quelqu’un qui aime bien interagir avec le public. Donc, selon l’ambiance, selon ce qui se passe, je choisis mes chansons un peu au fur et à mesure. Je voudrais dire aussi, tu peux l’écrire dans le journal, que je suis très conscient que mon album n’est pas disponible à Yellowknife, donc si des gens veulent downloader mes chansons sur Internet avant le spectacle, ils ont ma permission.
AQ: Quels sont les principaux sujets que tu aimes aborder dans tes chansons?
Dumas: C’est un peu difficile à répondre comme ça. Mais moi, en fait, je ne suis pas quelqu’un qui raconte des histoires d’un point A au point B, mettons. Je suis quelqu’un qui va travailler plus avec les images, qui envoie des images aux gens et qui laisse aux gens leur propre interprétation. Le dernier disque a beaucoup été écrit en voyage en Europe. Je voulais que chaque chanson, en fait, se passe dans un lieu de transit comme à l’aéroport, dans l’avion, dans un train… parfois je mets des genres de contraintes comme ça pour l’écriture. En gros, je dirais que ce sont des textes assez imagés. En chanson, tu as trois minutes pour exprimer une émotion et, souvent, ce sont des émotions complexes, mais c’est ça qui est cool en chanson.
AQ: Quels sont tes projets dans la prochaine année?
Dumas: Je suis en fin de tournée au Québec, puis, il reste les festivals cet été. Après ça, vers la fin août, je vais arrêter probablement un an pour faire du studio et écrire un prochain album. Ça fait 8-9 ans que je suis non-stop en studio et en tournée au Québec. Là, j’ai le goût de m’arrêter un peu et de repenser à tout ça et d’écrire tranquille sans faire de tournée. Parce que la tournée, souvent, c’est inspirant, c’est bien de voyager et tout ça, mais, parfois, il faut arrêter de faire des shows pour se ressourcer.
