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le Vendredi 13 juin 2008 0:00 Culture

Lois sur les langues officielles: À l’avant-garde du respect des droits linguistiques

Lois sur les langues officielles: À l’avant-garde du respect des droits linguistiques
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C’est pour répondre à un objectif fixé par sa seconde Assemblée législative vers le renforcement de la culture inuit que le gouvernement du Nunavut a adopté le 4 juin dernier, sa nouvelle loi sur les langues officielles. Après huit ans d’études et de consultations, les Nunavummiuts peuvent enfin estimer disposer des mêmes droits linguistiques que les francophones et les anglophones du Nunavut. C’est une première au Canada, au niveau des gouvernements provinciaux, territoriaux ou même fédéral.

Cette nouvelle loi  » touche à l’emploi des langues officielles de l’assemblée législative, devant les tribunaux et à la prestation des services gouvernementaux territoriaux destinés au public », est-il indiqué dans un communiqué de presse du ministère de la Culture, de la Langue, des Ainés et de la Jeunesse du Nunavut.

Selon Cindy Rennie, aux communications de l’assemblée législative, la loi numéro 6 englobe deux dialectes de la langue inuit, soit l’inuktitut et l’inuinnaqtun. La loi stipule toutefois une légère distinction quant à l’application de la loi pour favoriser un tant soit peu la revitalisation de l’inuinnaqtun qui se retrouve essentiellement à Kugluktuk, à Cambridge Bay, à Bathurst Inlet et à Umingmaktuuq et leurs environs.

 » C’est aujourd’hui une journée marquante pour le Nunavut », a prôné Louis Tapardjuk, ministre de la Culture dans le même communiqué de presse. Au moment de clore l’adoption de la loi, ce dernier a remercié en chambre plusieurs intervenants qui ont collaboré ‡ l’élaboration du projet de loi numéro 6, entre autres l’Association des francophones du Nunavut.

 » On célèbre ça comme une victoire, car cette loi a été rédigée en prenant en compte les considérations des communautés », a indiqué Daniel Cuerrier, directeur général de l’Association des francophones du Nunavut. ´ Les gens d’ici ont pris les recommandations du jugement Moreau avec ouverture d’esprit. C’est une attitude complètement différente des TNO ª, a-t-il dit au sujet du processus d’élaboration de cette nouvelle loi.

 » Le projet de loi confère au ministre des Langues la responsabilité de promouvoir les langues officielles de même que la pleine reconnaissance et la pleine jouissance des droits linguistiques, ainsi que celle de surveiller les activités en matière de langues officielles et le respect de la loi par les institutions gouvernementales « , peut-on lire sur le projet de loi. Et M. Cuerrier de commenter,  » C’est de la législation, maintenant le travail reste à faire pour la mise en oeuvre « .

Une ombre plane encore sur l’avenir du trilinguisme au Nunavut. Le projet de loi numéro 6, même s’il a été adopté par le gouvernement du Nunavut doit encore être présenté devant le Parlement canadien comme stipulé dans la constitution territoriale. Au moment de mettre sous presse, ni le gouvernement fédéral, ni celui du Nunavut n’a encore confirmé à L’Aquilon que ce projet de loi est inscrit à l’agenda parlementaire. Tout est ‡ perdre si ce dernier n’est pas adopté par†la chambre des communes et par le sénat canadien avant la fin du mois d’octobre. Car après le 27 octobre 2008, jour d’élection territoriale du Nunavut, se formera une nouvelle assemblée législative nunavoise, ce qui coupera l’herbe sous le pied de tout projet de loi non entériné par le gouvernement fédéral. Le projet déchu devra retourner à la case départ avec le d officiel devant la nouvelle assemblée avec toutes les lectures subséquentes.