Passage de relais administratif complexe, difficultés de communication relatives à la transmission des éléments de gestion avec l’ancienne administration, vérifications en cours sur certaines pièces justificatives … Toutes ces raisons ont conduit Nicole Fortin Kelly, la directrice générale de l’AFTSO, à s’abstenir de présenter les états financiers de l’organisme lors de l’AGA du 17 octobre. La situation fait d’ailleurs l’objet de vérifications administratives et d’un signalement auprès de la Gendarmerie royale du Canada.
En cause notamment, la gestion financière de l’ancienne direction. « Je ne sais pas comment, mais il y a des dépenses qu’il faut encore que je vérifie pour que je puisse faire la comptabilité comme il faut. Je sais qu’il faut vous présenter les états financiers [à l’AGA], et ensuite, les présenter au conseil administratif pour les faire signer. Mais je ne peux pas, de bonne foi, donner des états financiers aujourd’hui », a-t-elle annoncé.
Elle dit travailler avec son équipe, mais aussi avec la Fédération franco-ténoise de Yellowknife, pour venir à bout de ce problème. « Ce qui s’est passé, c’est que Koffi [Romain Kouadio] est parti, et moi, je suis entrée [en poste], mais il n’y a pas eu de suivi entre nous deux, assure-t-elle. Alors, quand il y a des questions sur les dépenses, on ne sait pas vraiment où aller. La firme Bellard fait notre comptabilité au complet, et nous demande des comptes sur certaines dépenses, que l’on ne peut pas justifier. Je suis en train de leur répondre », a ensuite avancé la directrice. Elle a jugé ne pas « être douée » pour les finances, mais dit travailler très fort à clarifier la situation.
Plus de transparence réclamée
À la question d’une personne de l’assemblée de savoir si le dossier financier de l’AFTSO est toujours entre les mains de la GRC, la nouvelle directrice générale dit ne pas avoir de preuves à présenter. « Pour l’instant, je n’ai pas de preuve, alors je ne peux pas faire d’accusation, ce n’est pas une bonne idée [d’en parler] ». Mais elle confirme que le bureau de l’AFTSO a rencontré la GRC à cause des dépenses de l’administration précédente, qui n’étaient pas justifiées ou n’étaient pas traçables : « Avec le conseil d’administration, si on dépasse plus de 500 $, il faut passer par le conseil. N’importe quelle dépense en desssous de 500 $, la direction peut dépenser comme elle veut. Mais plus de 500 $, ça doit toujours passer par le conseil d’administration et être voté. C’est pour ça qu’on se questionne, parce qu’il y a eu des dépenses de plus de 500 $ que le conseil d’administration ne reconnait pas », a expliqué Nicole Fortin Kelly à ses membres.
Les adhérents ont par ailleurs demandé si une rencontre prochaine pourrait permettre d’éclaircir le problème, mais aussi, s’il est possible pour l’AFTSO de faire preuve de plus de transparence. La directrice a dû confirmer que ce problème « n’est pas pris à la légère » et que toutes les démarches seront faites afin de régler ce problème, ce qui devrait ensuite permettre de présenter un état financier en bonne et due forme. Nicole Fortin-Kelly a promis qu’une assemblée générale extraordinaire sera organisée dans les prochaines semaines afin de parler de cet enjeu précis, une proposition qui a été acceptée.
Contacté, le détachement de la GRC de Hay River a confirmé qu’un signalement a été fait le 18 août, et qu’un organisme local s’est plaint d’une possible fraude : « La GRC de Hay River a reçu une plainte concernant des allégations de fraude au sein d’une organisation locale. L’enquête est en cours, et aucune poursuite n’a été engagée », a clarifié par courriel le bureau de la GRC des Territoires du Nord-Ouest à Médias ténois.
De nombreux défis pour l’organisme de Hay River
Une vingtaine de personnes se sont présentées à L’AGA du 17 octobre, dont six personnes en ligne. L’organisme de Hay River s’est félicité d’avoir pu organiser, au courant de l’année écoulée, de nombreux évènements francophones qui ont permis de dynamiser la communauté.
De nombreux défis touchent par ailleurs la communauté francophone de la région. Par exemple, la communauté de Fort Smith a perdu son programme d’immersion francophone. Aussi, une plainte contre le Gouvernement des TNO est toujours devant la Cour Suprême, afin de forcer l’ouverture d’une école francophone à Fort Smith. À l’interne, l’AFTSO doit composer avec un roulement de personnel, ainsi qu’avec le départ de la présidente de son conseil d’administration. Des défis qui mettent l’organisme « à risque », selon Rachelle Cook, présidente sortante du CA : « Nous avons survécu à deux changements d’employés, la direction générale en plus de notre agent de projet. Malgré ces changements et cette instabilité, nous avons fait preuve de résilience et avons animé plusieurs activités qui nous tenaient à cœur, a résumé l’ancienne présidente du CA de l’AFTSO. Notre petite association a besoin d’un coup de main, d’une revitalisation et d’une clientèle qui valorise son existence », a-t-elle mentionné, avant d’ajouter que, sans les membres et les bénévoles, « la vitalité de ce merveilleux organisme est à risque ». « Aidez-nous à trouver les francophones et à les diriger vers nous. Accueillez-les, invitez-les, prenez le temps de réfléchir et de voir clairement votre fierté d’en faire partie et de vous promouvoir dans la région », a-t-elle conclu devant l’assemblée.
La tenue de l’AGA n’a pas permis de nommer un nouveau président ou une nouvelle présidente du CA. L’AFTSO compte donc organiser un vote, lors de la prochaine rencontre de son conseil d’administration.
