Que pensent les candidat.e.s au sujet des enjeux qui touchent les francophones ? C’est la question à laquelle la FFT a voulu répondre, avant le vote municipal du 19 octobre prochain, dans le but d’aider la minorité francophone de Yellowknife. L’organisme a donc sondé les candidat.e.s aux élections municipales prochaines, via un sondage en ligne. Batiste Foisy, coordonnateur des relations communautaires et aux affaires publiques à la FFT, a expliqué que ce sont les membres de l’organisme qui ont lancé l’idée de questionner les candidats : « La requête venait d’abord des membres institutionnels et communautaires de la FFT, qui, eux, souhaitaient que certaines questions – passant possiblement sous le radar – soient soulevées auprès des candidats aux élections municipales, a-t-il expliqué. C’est vraiment quelque chose qui est venu de l’initiative du membership, et nous, on l’a mis en œuvre essentiellement. »
Dans les faits, quatre questions portées sur les principaux enjeux touchant la communauté francophone ont été posées aux candidat.e.s. Quel est leur niveau de connaissance en matière de services et de communications municipaux en français ? Que pensent-ils de l’équité en matière de taxe scolaire ? Que feront-ils des infrastructures scolaires et communautaires ? Et, enfin, que pensent-ils de la consultation et la collaboration avec la communauté franco-ténoise ?
Batiste Foisy a mentionné que le sondage a été également un moyen d’informer les prochain.e.s élu.e.s aux préoccupations du milieu francophone : « Les candidats ont pu être sensibilisés aux enjeux, et ça, c’est énorme, a souligné le coordonnateur. À partir de mardi prochain, on aura un nouveau conseil municipal élu à Yellowknife, et on peut déjà penser qu’on fera partie de la conversation de ce conseil municipal-là. À ce niveau, je trouve ça très bien. On a fait ça relativement rapidement, et c’est la première fois que la FFT et les organismes du réseau franco-ténois basés à Yellowknife mènent ce genre d’enquête auprès de la municipalité. »
Sur les deux candidats au poste de maire, seule Melissa Syer a pour l’instant réagi aux quatre questions posées par la Fédération. Rob Foote, Roberta Marie Campbell, Rob Waburton, Skye Plowman, Nazim Awan, Keneisha Buddoo, Donna Lee Demarcke, Andy Young, Yanik D’Aigle, et Ryan Fequet sont les candidats aux huit sièges de conseillers municipaux qui ont réagi au sondage de la FFT. Le questionnaire a été fermé le temps de divulguer les réponses, mais ouvrira à nouveau afin de laisser les retardataires s’exprimer d’ici au jour des prochaines élections.
Les candidats ont pu être sensibilisés aux enjeux, et ça, c’est énorme. À partir de mardi prochain, on aura un nouveau conseil municipal élu à Yellowknife, et on peut déjà penser qu’on fera partie de la conversation de ce conseil municipal-là.
Faire partie de la conversation
Le sondage a aussi été une première prise de contact avec le pouvoir municipal, a fait valoir Audrey Fournier, directrice générale de la FFT : « C’est quand même très important d’avoir une conversation maintenue avec eux, qu’ils connaissent nos enjeux et qu’ils aient une connaissance générale de ce qui est important pour la communauté franco-ténoise, un réflexe potentiel aussi, de consulter la communauté, de voir si leurs décisions prennent en compte la réalité francophone », a-t-elle indiqué à ce sujet, avant d’ajouter que la communication est désormais ouverte, et qu’à l’avenir, il conviendrait d’avoir le réflexe d’entrer en relation avec les élus municipaux, ce qui n’est pas encore réellement le cas en ce moment selon elle : « Je pense que la réponse qui a été donnée par les candidat.e.s est très bonne, étant donné le temps imparti. Notre objectif est, d’une part, d’informer les membres de la communauté sur ce que les candidats ont comme vision, mais aussi de faire connaitre les enjeux et les besoins de la communauté, et de sensibiliser les futures personnes qui vont former le conseil municipal. Donc, déjà, entamer un début de discussion avec eux et ouvrir une communication, je pense que ça a été bien réussi », a-t-elle résumé.
Un exercice avant tout démocratique
La FFT a rappelé que l’an dernier, une présentation avait été faite au sujet des enjeux de la francophonie en présence d’élus municipaux. L’organisme aimerait répéter l’expérience, et prévoit de faire des suivis afin d’établir et de maintenir une communication avec la Ville. Pour l’heure, il est question de laisser le verdict des urnes se prononcer : « La suite appartient aux résidents et citoyens qui ont la capacité d’exprimer leur choix démocratique lundi le jour du scrutin, a mentionné Batiste Foisy. La réponse appartient aux citoyens. Ensuite, quand on aura un nouveau conseil municipal élu, on entreprendra des démarches bien entendu pour les interpeler, utiliser les réponses qu’ils nous ont données pour les relancer, s’il y a des engagements qui sont pris. Je pense que le dialogue ne fait que commencer », a-t-il ensuite affirmé. Le coordonnateur a ensuite prévenu que les organismes francophones de la région voudront « entrer en communication avec les leadeurs », afin de s’assurer que les enjeux du milieu francophone seront pris en compte dans les décisions municipales. « Je pense que ce n’est pas à l’organisme de dire aux gens comment voter. Je pense que les gens ont la capacité de faire ces choix, mais faire des choix informés et éclairés, c’est bon pour la démocratie. Maintenant, la parole est aux électeurs », a conclu le coordonnateur. Les résultats seront publiés sur le site Internet de la FFT dans les prochains jours.
