C’est la première fois que l`école élémentaire J B Tyrrell de Fort Smith accueille un programme d’immersion française. Seize enfants y participent, dont 12 en maternelle et quatre en 1ère année. « Cette classe, c’est mon paradis », s’exclame Marla Chassé, leur enseignante. La salle est divisée en plusieurs coins de travail et de loisirs. Au milieu de la pièce deux perruches discutent, du haut de son étagère la mascotte Philippe veille. Les enfants s’adonnent à des activités mises en place pendant la préparation des cours.
Les enfants sont anglophones en famille et, par force, francophones à l’école. Ils apprennent le français avec la méthode AIM, qui associe des gestes avec des mots. Marla Chassé possède une expérience reconnue et Helen Lefebvre, la monitrice s’y est formée l’an passé. « D`ici Noël, dit-elle, les enfants devraient être capables d’associer 400 mots avec 400 gestes. Tous les jours, on fait des phrases en classe avec le sujet, le verbe, le complément. Aux enfants de 6 ans, je leur demande en plus d’écrire la phrase complète. » À partir d’octobre, la classe travaillera par centres spécifiques : le centre de lecture guidée, le centre d`écriture, le centre de mathématiques, le centre de jeux.
Les enfants ont aussi des devoirs à faire : découpage, collage, dessin. « On envoie les devoirs au domicile de l’élève, ainsi les parents sont au courant des apprentissages, explique Helen Lefebvre. Même si la majorité des parents sont anglophones, souvent l’un des deux peut se débrouiller en français. Sinon, on leur explique les devoirs. »
Ces parents ont un très bon niveau d’éducation et travaillent en majorité pour des services du gouvernement fédéral. Laura Aubrey, maman d’Amélie, cinq ans, a fortement oeuvré à la mise en place de cette classe d’immersion. « Mon père est anglophone, ma mère est francophone et je veux donner à ma fille la possibilité de connaître deux langues. Ce sera une chance pour elle plus tard et elle pourra aller voir ses cousins et cousines francophones et partager avec eux. Et puis, le fait d`avoir ce programme, ça motive à rester ici. »
Cette première année d`immersion est un projet-pilote. Si les résultats sont bons, il pourrait être étendu aux 2e et 3e années. Est-ce que ce serait un premier pas vers une école indépendante francophone ? Des parents interrogés ont été fortement ébranlés par la crise scolaire qui a secoué Hay River, ils ne souhaitent pas que cela se produise à Fort Smith. Aujourd’hui ce programme étant ouvert à tous les enfants, il est bien accepté au sein de la communauté et de l`école. Ce programme bénéficie déjà d`une réputation de qualité. Helen Lefebvre témoigne : « une enseignante anglophone se plaint que ses élèves de 3e année ne savent pas correctement écrire. » Outre le travail en classe, les élèves sont impliqués dans la connaissance de leur environnement et dans des relations avec la communauté, toujours en français. Marla Chassé les fera participer à la Semaine de l`Alphabétisation par des séances de lectures d’histoires au collège Aurora et par des étudiants du secondaire. Elle prépare aussi plusieurs sorties scolaires pour découvrir les organismes, institutions et services de la ville ainsi que pour observer la nature.
