le Vendredi 19 juin 2026
le Vendredi 19 juin 2026 16:21 Éducation

Cellulaires à l’école : les TNO veulent des restrictions dès septembre

Les écoles des TNO pourraient devoir appliquer dès septembre de nouvelles lignes directrices territoriales sur l’utilisation des téléphones cellulaires et autres appareils mobiles. — Photo iStock
Les écoles des TNO pourraient devoir appliquer dès septembre de nouvelles lignes directrices territoriales sur l’utilisation des téléphones cellulaires et autres appareils mobiles.
Photo iStock

Le gouvernement ténois prépare des lignes directrices pour encadrer l’utilisation des téléphones dans les écoles dès la prochaine rentrée. À la CSFTNO, on accueille favorablement l’idée d’un cadre commun, tout en réclamant de la souplesse pour les réalités locales des écoles francophones.

Cellulaires à l’école : les TNO veulent des restrictions dès septembre
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Les téléphones cellulaires pourraient être beaucoup moins présents dans les écoles des Territoires du Nord-Ouest dès la prochaine rentrée : le gouvernement ténois prépare des lignes directrices territoriales pour encadrer leur utilisation pendant toute la journée scolaire, tandis que certaines écoles appliquent déjà leurs propres règles. 

La ministre de l’Éducation, Caitlin Cleveland, a confirmé il y a quelques jours à l’Assemblée législative que ces lignes directrices sont actuellement examinées par les organismes scolaires des TNO. Elles devraient être finalisées au cours de l’été et être en place pour la prochaine année scolaire.

En réponse aux questions de la députée Shauna Morgan, le 1er juin dernier, la ministre a expliqué que les orientations prévues misent sur de fortes restrictions « du début à la fin de la journée scolaire ». Selon Caitlin Cleveland, « cela permettra aux écoles de mettre en œuvre des politiques locales fortes dès septembre ».

Des règles avec du mordant

Shauna Morgan a plaidé pour des règles cohérentes, strictes et applicables dans l’ensemble du territoire. Selon elle, il ne suffit pas d’interdire les téléphones pendant les heures de cours si les élèves peuvent continuer à y avoir accès le reste de la journée scolaire.

Le député Robert Hawkins a lui aussi insisté sur l’enjeu de l’application. Il s’est demandé si de simples lignes directrices seraient suffisantes pour encadrer réellement l’usage des appareils personnels dans les écoles. À ses yeux, une politique trop floue risque de manquer de mordant.

La ministre a reconnu les limites du pouvoir territorial dans un système scolaire décentralisé. Les politiques d’école relèvent d’abord des organismes scolaires. Pour imposer une interdiction plus contraignante à l’échelle des TNO, il faudrait éventuellement passer par une modification règlementaire. Mais le gouvernement dit vouloir agir rapidement, d’abord par des lignes directrices communes.

Il demeure important de prévoir une certaine souplesse dans la mise en œuvre locale afin de tenir compte des réalités particulières des communautés scolaires, notamment dans les milieux francophones en situation minoritaire.

— François Rouleau, directeur général de la CSFTNO

Directive commune en suspens

À la CSFTNO, cette attente des orientations territoriales est déjà au cœur de la réflexion. « À la suite de discussions tenues lors d’une rencontre administrative le 20 novembre 2025, il a été constaté que l’application des règles entourant l’utilisation des téléphones cellulaires variait quelque peu d’une école à l’autre au sein de la CSFTNO », indique François Rouleau, directeur général de la commission scolaire, dans une réponse écrite transmise à Médias ténois.

Une directive commune a été envisagée, mais la commission scolaire a choisi de ne pas adopter de politique institutionnelle définitive avant de connaitre la position officielle du ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation.

Le dossier dépasse d’ailleurs la simple présence des téléphones en classe. François Rouleau souligne que la réflexion touche aussi l’accès aux réseaux sociaux, l’intelligence artificielle et l’utilisation responsable des technologies numériques en milieu scolaire.

Un encadrement déjà en place à Allain St-Cyr

À l’École Allain St-Cyr, un document distribué aux parents à la fin aout 2025 prévoyait déjà un encadrement strict. Les téléphones, tablettes, montres intelligentes, écouteurs, appareils de jeu et autres objets électroniques personnels n’étaient pas permis durant la journée scolaire, de 8 h à 15 h 35, sauf exceptions approuvées par l’école. L’objectif affiché : favoriser la concentration, les interactions sociales, un climat scolaire sain et la prévention du cyberharcèlement.

François Rouleau précise toutefois que cette procédure avait été élaborée avant son arrivée à la direction générale. Il ne la présente pas comme une réponse à une crise locale, mais plutôt comme une démarche préventive, inscrite dans une tendance observée ailleurs au Canada et dans le monde.

Sur le terrain, il dit ne pas avoir reçu de plaintes formelles liées à l’application de telles mesures. « Lorsque je visite nos écoles, je constate rarement des élèves circulant avec un téléphone cellulaire à la main durant les périodes d’enseignement », observe-t-il.

La CSFTNO accueille favorablement l’idée d’un cadre territorial, mais souhaite conserver une marge de manœuvre locale. « Il demeure important de prévoir une certaine souplesse dans la mise en œuvre locale afin de tenir compte des réalités particulières des communautés scolaires, notamment dans les milieux francophones en situation minoritaire », insiste François Rouleau.