C’est par un simple coup de téléphone qu’Amber O’Reilly a appris qu’elle était la lauréate 2008 du prix Roch Carrier de la Nouvelle.
Quelque peu surprise, mais très heureuse d’avoir gagné ce concours national, Amber O’Reilly se réjouit de partir à Ottawa à la fin novembre pour recevoir son prix des mains de Roch Carrier.
« Avant de me contacter, ils ont rejoint mon professeur de français et se sont assurés que je pouvais réellement écrire ce genre de texte. C’est la procédure qu’ils appliquent pour contrer le plagiat », explique l’élève de l’école Allain St-Cyr à Yellowknife. Amber O’Reilly se rappelle qu’elle a écrit son texte à la fin du mois de juin et qu’elle l’a vraiment peaufiné, car elle voulait soumettre une nouvelle de qualité. « Écrire, c’est une de mes passions, avec le violon et l’équitation. Je me suis servi de ce texte pour relater ma façon d’aborder le futur : rester positif dans ce monde fou et garder espoir pour l’avenir. »
L’histoire se passe dans l’ouest du Canada, après qu’une bombe nucléaire est dévastée le pays. Un homme qui œuvre à la reconstruction trouve un bébé dans les débris, proche d’une petite plante. L’homme se dit alors que tout n’est pas perdu dans ce monde, et porte le nourrisson aux secours médicaux. Sous la tente, le jeune homme rencontre une jeune infirmière dont il tombe amoureux. Finalement, ils décideront d’élever l’enfant ensemble.
« J’ai situé cette histoire dans l’ouest du Canada, car c’est une région où l’on ne s’imagine pas être en guerre, et c’est là que je vis aussi. J’ai terminé avec une belle fin, car même si tout va mal, je pense qu’il ne faut pas abandonner », décrit la lauréate. Pour satisfaire au règlement du concours organisé par la Société éducative de visites et d’échanges au Canada (SEVEC) qui promeut le bilinguisme au Canada, Amber O’Reilly a commencé son texte en français, a ensuite imaginé un article de journal en anglais pour décrire les événements qui expliquent ce cataclysme et poursuivi son récit en français. Le texte devait être composé de 1 000 à 2 000 mots avec au moins 100 mots dans la langue seconde du participant.
Pour la première fois, SEVEC décerne deux prix dans le cadre de ce concours qui visait auparavant des étudiants ayant pris part à des échanges linguistiques à travers le Canada. « Pour cette deuxième édition, nous avons ouvert le concours à tous les jeunes qui voulaient s’exprimer, dit Laurie Clément responsable du Prix de la nouvelle de cet organisme de bienfaisance. Deux jeunes entre 15 et 17 ont gagné un prix, soit un provenant d’une école de français langue seconde et l’autre d’une école d’anglais langue seconde. » Mlle O’Reilly ainsi qu’une jeune ontarienne recevront la somme de 100 dollars et un exemplaire autographié du livre Le Chandail de hockey écrit par Roch Carrier. « J’aime toujours recevoir des conseils des auteurs qui ont déjà publié, qui ont plus d’expérience, déclare la Franco-Ténoise. Plus tard, dans ma carrière, je veux écrire d’une façon ou d’une autre. J’aimerais publier mes textes et probablement j’écrirais dans les deux langues, pour promouvoir aussi le bilinguisme au Canada », ajoute-t-elle.
Pour finir, cette jeune fille qui cite J.K. Rowling et Michèle Marineau du Québec comme des auteures de marque prétend qu’il est dommage de ne pas avoir accès à beaucoup de littérature francophone aux TNO. Amber O’Reilly aimerait lire plus de livres publiés en français que des livres traduits.
