Chantay Boulanger-Rowe est formelle, les deux panneaux de la murale seront réalisés l’an prochain. « Ça nous a pris deux mois de travail pour réaliser cinq tableaux, on va attendre le printemps pour continuer », explique celle qui a motivé sans relâche le groupe de peintres.
La paroi de planches de bois du magasin Fields s’illustre maintenant de fresques qui célèbrent l’inspiration libre des artistes. Aucun thème n’était imposé, les jeunes francophones et anglophones ont puisé directement dans leur imaginaire et leur vision du monde. Des mangas japonais côtoient une scène de danse flamenco et un monde onirique de bulles lâchées par une fée. La panoplie des sentiments tumultueux et vivants de l’adolescence rayonne de couleurs et de traits énergiques, de détails précis, de teintes dégradées en finesse.
Ce projet, coordonné par l’Association franco-culturelle de Hay River, a démarré en juillet. Après une période de vacances en août, à la fin de ce mois les jeunes ont repris possession de la ruelle. Musique à gogo, pots de peinture, échelle, collations et boissons étaient déployés l’après-midi jusqu’au soir. L’ambiance était dynamique, de jeunes bénévoles ont spontanément rejoint le trio des artistes créateurs qui sont Chantay Boulanger-Rowe, Travis Dobbs et Jesika Mandeville. À nouveau, certaines nuits les jeunes dormaient à l’Association pour veiller à la sécurité de leurs travaux. Des tagueurs étaient déjà passés par là, il s’agissait de les empêcher de recommencer. Avec la rentrée et les activités périscolaires, le chantier a ralenti. Mais en octobre, les panneaux ont pu être vernis. La première neige tombait trois jours plus tard. Pour les deux panneaux restants, l’option demeure de laisser libre choix à l’inspiration individuelle. « Travis voudrait faire une sorte de porte qui ouvrirait sur un monde étrange et moi je voudrais plutôt faire quelque chose qui ait un rapport avec nous, soit la francophonie, soit la vie à Hay River », explique Chantay Boulanger-Rowe. Leur rendez-vous est déjà fixé à juillet 2009.
Fière de ces œuvres accessibles à tous, elle est attentive aux commentaires ou aux réactions qu’elle peut surprendre par rapport à la murale. « J’ai vu des gens qui essayent de se donner un câlin devant un panneau pour se prendre en photo, et j’ai même entendu une dame en visite ici se faire inviter à aller voir la murale », dit-elle en riant.
