Alors que Monte Hummel, le président au Canada du Fonds mondial pour la nature (WWF) et coauteur du livre Caribou and the North, a lancé la publication de son livre à Yellowknife ce lundi 27 octobre, la multinationale diamantifère De Beers a formulé une déclaration assurant qu’aucune activité de la compagnie ne serait conduite dans les aires de mise bas des caribous aux Nunavut et aux TNO.
Déjà emballé par le lancement de son livre, M. Hummel s’est réjoui de cette nouvelle qui marque un premier pas dans la bonne direction pour trouver des solutions contrant le déclin des populations de caribous dans les territoires. « Après des années de négociations, une compagnie de diamants reconnaît l’importance des aires de mises bas dans la conservation des populations de caribous », a déclaré Monte Hummel. De Beers, avant de faire cette déclaration devait vraisemblablement s’assurer qu’elle n’était pas en conflit et que la compagnie avait retiré tous ses permis de jalonnement de terrain qu’elle possédait sur les aires de mise bas. « Ce qui est extraordinaire, c’est que De Beers ne se cache pas derrière la législation inexistante du Nunavut, ni derrière la condition que toutes les autres compagnies appliquent la même politique. Pour moi, c’est un véritable leadership au niveau de la conservation de la faune », assure le président de WWF Canada ajoutant que c’était une bonne façon pour se construire une réputation favorable au bon développement économique d’une compagnie.
Selon M. Hummel, le Nunavut sur lesquels naissent la plupart des caribous n’a aucune politique en place pour empêcher quelconque activité minière sur les aires de mise bas et dans ses alentours. Si aucune mine n’est en exploitation dans ces zones sensibles, plusieurs activités de prospection ont lieu. « Plus de 600 permis ont été accordés dans les zones de mise bas des troupeaux Beverly et Ahiak, je n’ose pas imaginer les réactions si une compagnie voulait exploiter une mine dans ces aires particulières. C’est une situation très contradictoire, alors que le gouvernent du Canada permet ces activités sur ses territoires, mais critique la politique adopté par l’administration de Washington concernant les activités d’exploitation qui touchent le troupeau Porcupine dans le nord de l’Alaska », explique Monte Hummel.
Retour aux traditions
Le livre de M. Hummel et de Justina Ray se veut une large rétrospective sur le rôle du caribou pour les gens du Nord et souligne le lien entre l’espèce animale et humaine. « La conservation de ces espèces peut très bien frayer un chemin vers la conservation d’une énorme partie des terres canadiennes face aux menaces climatiques que nous subissons.» Le caribou deviendrait une fois de plus le partenaire des populations nordiques, alors que les traditions autochtones veulent que le peuple et les caribous partagent le même futur. « Il y a une dépendance mutuelle entre les chasseurs et les troupeaux de caribous. Si vous ne respectiez pas les caribous, les troupeaux vous fuyaient et vous mourriez de faim ainsi que votre famille qui comptait sur cette viande », raconte le coauteur du livre. Sans être défaitiste, le livre dresse un rapport sur la condition des différentes populations, et expose solutions et stratégies qui pourraient sauver cette espèce. « Il est encore temps de sauver cet animal si important pour le Nord », clame le président du WWF.
