Au pays du Mackenzie, un gazoduc au cœur d’un peuple sera diffusé le samedi 17 janvier à Yellowknife. Les versions française (16 h 30) et anglaise (14 h / 19 h 30) du documentaire de France Benoit seront projetées dans l’amphithéâtre du NACC. La cinéaste a décidé de lancer son deuxième film dans la capitale ténoise afin que ses résidents découvrent en primeur le fruit de ses interrogations sur le projet gazier du Mackenzie qui les concernent obligatoirement.
Suivant le cycle annuel des saisons, France Benoit présente au fil de son film, les points de vues de quatre personnes ayant toujours vécu aux TNO et révèle ainsi une intime réflexion sur le développement de ce méga-projet. « À travers la lentille de la culture et de la spiritualité, j’ai voulu mettre en valeur le discours de ces personnes. Que mon film devienne un véhicule pour démontrer cette relation qu’ils entretiennent avec leur environnement, the land, et l’impact que pourrait susciter l’implantation du gazoduc dans la vallée du Mackenzie », explique la cinéaste.
Le fleuve Mackenzie renaît chaque printemps, ainsi, le fleuve débute au même rythme que la vie sur les rives du fleuve. Au moment où la débâcle s’effectue à Fort Providence, le caractère sacré de l’eau bouillonne sous les commentaires d’Aimée Margaret Vandell, une femme autochtone qui a dévoué sa vie à promouvoir le transfert des traditions de son peuple. L’été, Alestine André de Tsiigehtchic, réitère des propos qu’elle a soutenus lors des audiences publiques du projet gazier à savoir que son peuple Gwitch’in perdra ce lien sacré avec la terre lorsque le premier bulldozer arrachera la fine couche de lichen répandue sur la région du Delta du Mackenzie. À l’automne, c’est sur les terres ancestrales de la famille Yendi que Gerry Antoine dévoile un territoire de chasse des premières nations Deh cho aux environs de Fort Simpson, réquisitionné par l’industrie pour placer des infrastructures telles qu’un héliport et des bornes de compression. Lors de la dernière saison, propice à rêver d’un nouveau monde, c’est Bob Bromley, député de Yellowknife qui porte un regard de globalisation sur ce projet, alors que l’idée de richesse est dénudée de sa simple attache avec l’argent et se pare de ses attributs plus liés à la communauté, la famille, la santé.
« Le film s’achève sur le fleuve qui est de nouveau gelé, je retourne à Fort Providence où je boucle ce voyage autant intérieur qu’extérieur », propose France Benoit.
Ce nouveau film de 52 minutes représente une véritable étape de franchie pour la réalisatrice Franco-Ténoise. Après une première production indépendante plus ou moins artisanale, France Benoit s’est lancée avec ce documentaire dans une véritable production professionnelle à diffusion nationale. Pris en charge par les productions Rivard de Winnipeg, le film a aussi reçu le support de l’Office national du film et sera diffusé sur des chaînes de télévision nationales. France Benoit se dit également prête à participer à plusieurs festivals dans le monde. Une opportunité de plus pour cette militante de passer à l’action au nom de ses convictions environnementales et de justice sociale.
