La bibliothèque municipale existe depuis 1967. Au fil des années, elle s’est imposée comme le lieu de vie socio-culturelle de la ville. Dans quelques mois il y aura des travaux de rénovation.
En cette année 1967, le Canada fête son 100e anniversaire et c’est cette année-là que Hay River se dote d’une bibliothèque. Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest est le propriétaire du bâtiment de pierres qui fut construit de manière à remplir trois missions : être un lieu de ressources intellectuelles, un lieu d’échanges culturels et un lieu de transmission de savoirs.
L’architecture intérieure est conçue de façon à remplir ces objectifs. L’espace est aménagé en salles et coins de lecture ou d’utilisation des ordinateurs, en couloirs de circulation et en carrés modulaires permettant de faire des activités avec des groupes d’enfants. Une salle de conférence et un piano complètent ce panorama.
Parmi les habitants de la ville, la bibliothèque apparaît encore aujourd’hui comme une sorte de centre communautaire. En effet, depuis plus de 40 ans, c’est l’endroit où de nombreux groupes démarrent ou présentent leurs activités, que ce soit un individu, un artiste ou une association. Chaque Noël, le coin lecture est transformé en salle de concert. Et la programmation mensuelle témoigne du souci de l’équipe en place de soutenir et de valoriser les talents locaux dans le domaine des arts ainsi que d’agir dans le domaine de la formation en proposant de nombreux ateliers en direction des publics de jeunes et d’adultes, telles les sessions de formation à Internet proposées aux seniors.
Le personnel de cette bibliothèque compte en majorité des femmes, dont quatre ont des enfants et petits-enfants scolarisés à l’école Boréale. Une seule personne est à plein temps, il s’agit de Christine Gyapay, directrice. Le budget est constitué par des fonds reçus, d’une part, par le gouvernement des TNO et, d’autre part, par la municipalité. Il sert à payer les salaires et les achats de documents. Il existe un fonds de roulement de 10 000 documents, imprimés et multimédia, qui sont alternativement répartis entre les bibliothèques des TNO. Outre ce fonds, l’équipe achète chaque mois de nouveaux titres. « Chaque ville est différente et chaque bibliothèque reflète sa communauté, dit Mme Gyapay. Nous avons réalisé une enquête de satisfaction l’an passé et nous avons eu de très bonnes appréciations concernant nos collections, nos nouveaux titres et notre programmation d’événements. » Chaque année, elle participe à une rencontre entre bibliothécaires des TNO pour faire le point sur les activités et les perspectives dans leur domaine professionnel.
Est-ce que la bibliothèque restera un lieu pilote de vie socio-culturelle ? Pour ceux qui la connaissent depuis longtemps ou qui la fréquentent régulièrement, elle reste un point de rencontre non seulement avec des ressources intellectuelles, mais aussi avec des ressources artistiques qui ne peuvent pas être exposées ailleurs, ou produites ailleurs, par manque d’infrastructures locales.
Mais ce paysage commence à bouger et la bibliothèque va perdre quelques-uns de ses fidèles. Par exemple, le Northern Arts and Culture Center de Yellowknife, qui a longtemps compté sur la bibliothèque pour produire ses artistes, a trouvé un espace permanent pour ses spectacles au cinéma en ville. De son côté, l’équipe municipale oriente sa recherche vers la mise en place d’un lieu permanent de production musicale.
Cette perspective d’éclatement des lieux de vie artistique n’empêchera pas la bibliothèque de se refaire une beauté. Dans quelques mois, elle aura des tapis tout neufs et un bureau entièrement adapté à une façon plus rapide et plus conviviale d’accueillir le public et de gérer les fonds.
