Gioacchino Rossini a 12 ans lorsqu’il compose, à Ravenne, Sei sonate a quattro, six sonates dans lesquelles il montre l’ampleur de ses connaissances en composition musicale et la joie de son inspiration. Chacune des sonates est structurée en trois mouvements composés en contrepoints pour deux violons, un violoncelle et une contrebasse.
Deux années plus tard, il est admis dans l’Académie musicale de l’université de Bologne (première université d’Europe) où il découvre les écrits des grands compositeurs de l’époque, et les méthodes d’écriture avancées, telle que les crescendos que l’école de Mannheim avait popularisés.
Dans ce contexte, en 1806, il fait la connaissance de Domenico Mombelli, un des grands ténors de Bologne, et à sa sœur Vincenzina Vigano-Mombelli. Vicenzina est écrivaine et avait rédigé un drame qu’elle souhaitait voir interprété par son frère. Ils proposent alors à Gioacchino Rossini d’écrire la musique pendant que Vincenzina adapte le drame en livret d’opéra. De cette collaboration émerge Demetrio e Polibio, un drame chanté en deux actes. Ce genre musical se caractérise par son introduction à la façon d’une courte symphonie, suivie par une mélodie chantée, accompagnée par un orchestre d’instruments à cordes frottées. Cette œuvre et l’aria de 1808 Il pianto d’Armonia sulla morte di orfeo (le pleur de l’harmonie pour la morte d’Orphée), qui est également une œuvre musicale dramatique, constituent le fondement de la nouvelle orientation que Rossini donne à sa carrière : il se consacrera à la composition d’opéras. L’origine de ce genre musical remonte aux années 1580, dans les thèses de la Camerata florentine où l’on relie la poésie lyrique à la musique.
Sa décision est aussi motivée par une compréhension de ses habiletés inspirées par les spectacles présentés par ses parents depuis qu’il était enfant. Dans ces soirées, la musique était mélangée à la comédie. Ce ce qui lui insuffle le gout de composer de la musique pour accompagner le geste, la parole et les émotions. En 1810 il déménage à Venise, ville phare des arts de la comédie et des opéras. C’est à partir de ce moment qu’il prend contact avec des auteurs mordus par l’écriture des livrets et qu’il se dédie tout en entier à la composition d’opéras.
