le Vendredi 13 mars 2026
le Lundi 9 mars 2026 12:41 Arctique

Arctique et inclusion : le parcours inspirant de Marianne Falardeau

Marianne Falardeau a plus de dix ans d’expérience dans le domaine des sciences marines polaires et plaide pour l’inclusion et la diversité dans la science. — Courtoisie Marianne Falardeau
Marianne Falardeau a plus de dix ans d’expérience dans le domaine des sciences marines polaires et plaide pour l’inclusion et la diversité dans la science.
Courtoisie Marianne Falardeau

Le parcours de cette scientifique est captivant. Elle étudie depuis plus de dix ans les écosystèmes marins de l’Arctique et de l’Antarctique, ses domaines de recherche ont pour but de comprendre les impacts du changement climatique sur la biodiversité.

Arctique et inclusion : le parcours inspirant de Marianne Falardeau
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Son intérêt pour le Nord s’est accentué alors qu’elle complétait un baccalauréat à l’Université Laval de Québec. C’est avant même son entrée à l’université que Marianne Falardeau a commencé à s’intéresser à l’Arctique : « J’ai été sensibilisée aux impacts des changements climatiques sur la région arctique assez jeune, puis sur l’urgence de mieux comprendre ce qui se passe pour informer la population plus largement, mais aussi sur les décisions politiques en lien avec cette région-là. »

Alors que l’Arctique se réchauffe plus rapidement que le reste de la planète, elle souhaite, par le biais de ses recherches, contribuer à la compréhension de cette région qui fait face à des transformations majeures.

Le savoir autochtone

Un aspect central de sa démarche repose sur la collaboration avec les communautés inuites. Les chercheurs, en plus d’avoir le privilège de travailler en Arctique, ont une responsabilité éthique selon elle, car leur terrain de recherche se trouve au cœur de leur territoire traditionnel. De plus, le savoir traditionnel devrait, selon elle, être intégré aux recherches. La chercheuse plaide fortement pour l’inclusion et la diversité dans la science, et ce, depuis plusieurs années. Les communautés devraient avoir un pouvoir décisionnel dans la recherche et leurs savoirs permettent d’enrichir le processus de recherche en permettant de répondre à des questions complexes sous différents angles. « Les savoirs inuits ont une profondeur de connaissances, il y a une richesse et une subtilité dans leurs connaissances auxquelles on n’a pas nécessairement accès avec les savoirs occidentaux, explique-t-elle lors d’une entrevue. C’est vraiment une complémentarité des savoirs. »

L’inclusivité dans la recherche

Faire de la recherche dans l’Arctique comporte aussi des défis logistiques majeurs : isolement, conditions climatiques extrêmes, accès limité aux infrastructures. Si ces réalités concernent l’ensemble des chercheurs, elle note que certaines considérations spécifiques aux femmes – notamment en matière de santé et de gestion du quotidien en milieu isolé – nécessitent des discussions ouvertes et une meilleure préparation, en particulier pour les plus jeunes. De plus, il est important d’après elle que les personnes de toute orientation sexuelle se sentent les bienvenues, et qu’il n’y ait pas de discrimination.

Marianne Falardeau organise des ateliers pour les jeunes afin de leur présenter des parcours inspirants et leur montrer que la recherche dans l’Arctique est accessible à tous ceux qui en ont la passion. Elle souligne également l’importance de se tourner vers des mentors pour guider son parcours, une aide précieuse qui a largement contribué à son propre cheminement. « Le milieu évolue, il est inclusif, diversifié et accessible. Il ne faut pas se décourager si on a la passion, mais plutôt se dire que c’est possible d’aller chercher des modèles, des mentors qui peuvent nous aider à gravir les différents échelons de la recherche. »