Cristiano Pereira – Initiative de journalisme local – L’Aquilon
Annoncées le 27 juillet à Yellowknife, les deux ententes doivent notamment permettre la construction d’au moins 560 logements abordables d’ici 2030. Elles prévoient également du financement pour des infrastructures liées au logement, à la santé et à l’enseignement postsecondaire.
560 logements d’ici 2030
Une entente de principe conclue entre la nouvelle agence fédérale Maisons Canada et Habitation Territoires du Nord-Ouest prévoit un investissement de plus de 480 millions de dollars.
Maisons Canada doit fournir 200 millions de dollars, tandis que le gouvernement territorial prévoit investir 190 millions. Une somme supplémentaire de 90,5 millions de dollars doit provenir d’autres sources, notamment de capitaux privés.
Les projets devraient comprendre au moins 380 logements sociaux, environ 130 logements abordables ainsi que 50 logements de transition ou avec services de soutien. Selon Habitation TNO, 132 de ces unités se trouvent déjà à différentes étapes de développement.
Au moins 75 millions de dollars doivent être consacrés à des projets desservant les collectivités autochtones ou réalisés par des organisations autochtones ou en partenariat avec elles.
Des logements aux infrastructures essentielles
Le financement pourra aussi servir à démolir des logements abandonnés ou délabrés et à préparer les terrains pour de nouvelles constructions. Selon la ministre responsable d’Habitation TNO, Lucy Kuptana, le territoire pourra ainsi « travailler avec les collectivités et les gouvernements autochtones afin de retirer les bâtiments résidentiels délabrés et de préparer davantage de terrains pour de futurs logements ».
Les deux gouvernements ont également finalisé une entente dans le cadre du Fonds pour bâtir des collectivités fortes. Les TNO doivent recevoir jusqu’à 82,4 millions de dollars sur dix ans pour des infrastructures liées au logement et à l’enseignement postsecondaire, ainsi que 74,5 millions sur trois ans pour des infrastructures de santé.
Pour Rebecca Alty, la construction de logements doit donc s’accompagner d’investissements dans les services essentiels. « Comme nous le savons tous, construire des logements ne représente qu’une partie de l’équation », a-t-elle déclaré. « Les collectivités en croissance doivent également construire et améliorer les infrastructures qui soutiennent les familles et les entreprises au quotidien. »
Le gouvernement territorial a soumis au fédéral une liste de projets potentiels, notamment des hébergements destinés aux professionnels de la santé dans six petites collectivités, l’élargissement des services de tomodensitométrie à Inuvik et la création d’un service d’imagerie par résonance magnétique à Yellowknife. La ministre de la Santé et des Services sociaux, Lesa Semmler, a indiqué que ces investissements doivent permettre d’offrir davantage de soins « plus près de chez soi ».
Une somme distincte de 18,7 millions de dollars doit aussi être versée aux TNO en 2026-2027 pour soutenir des priorités locales, notamment les réseaux d’eau potable, les transports et les installations communautaires.
Des besoins qui restent considérables
Malgré l’ampleur de l’annonce, les besoins demeurent considérables. Une évaluation territoriale publiée plus tôt cette année estimait le déficit actuel entre 1 750 et 2 700 logements. De 771 à 1 030 unités supplémentaires seraient également nécessaires au cours des deux prochaines décennies pour répondre à la croissance de la population.
Une offre toujours sous pression
L’annonce survient presque au même moment que la publication du Rapport sur le logement dans le Nord 2026 de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.
La SCHL constate que l’offre demeure limitée à Yellowknife, Whitehorse et Iqaluit. Les mises en chantier par habitant y restent inférieures à celles observées dans le reste du Canada, notamment en raison des coûts élevés de construction, du manque de terrains viabilisés ainsi que des difficultés logistiques et de main-d’œuvre.
Le marché locatif est également demeuré tendu à Yellowknife en 2025, malgré un ralentissement de la croissance démographique et de la demande.
