Les premiers ministres des trois territoires ont livré, à Hay River, un même message au gouvernement fédéral : les investissements en défense, en sécurité et en infrastructures doivent se traduire par des emplois, des contrats et des services pour les communautés nordiques.
Le premier ministre des Territoires du Nord-Ouest, R.J. Simpson, recevait ses homologues du Yukon, Currie Dixon, et du Nunavut, John Main, le 25 juin, dans le cadre du Forum des premiers ministres du Nord. Les discussions ont surtout porté sur la souveraineté arctique, les investissements fédéraux en infrastructures, l’énergie, la formation de la main-d’œuvre, les services de police, la santé, les garderies, ainsi que sur le principe de Jordan.
Des contrats, pas seulement des annonces
Au-delà de cette liste de dossiers, les trois premiers ministres ont surtout voulu rappeler que les décisions sur l’Arctique ne peuvent pas se prendre sans ceux qui y vivent.
R.J. Simpson a insisté sur la nécessité d’éviter les erreurs du passé en matière d’investissements militaires. Selon lui, les contrats liés aux projets de défense et d’infrastructures ne doivent pas simplement être attribués à de grandes entreprises du Sud qui viendraient travailler dans le Nord sans embaucher localement.
« Nous ne voulons pas voir les contrats aller à une grande entreprise du Sud qui vient ici sans embaucher personne localement », a-t-il déclaré pendant la conférence de presse. Le premier ministre a ajouté que son gouvernement veut s’assurer que chaque dollar pouvant rester dans le territoire y reste.
Nous ne voulons pas voir les contrats aller à une grande entreprise du Sud qui vient ici sans embaucher personne localement.
Des communautés déjà sous pression
Currie Dixon a lui aussi souligné l’ampleur des investissements fédéraux annoncés pour le Nord, notamment dans le contexte de la défense et de la souveraineté arctique. Selon lui, ces investissements doivent servir les objectifs du Canada, mais aussi renforcer les communautés nordiques et leurs économies locales.
Pour John Main, le développement de l’Arctique doit aussi tenir compte des déficits déjà présents dans plusieurs communautés. Le premier ministre du Nunavut a rappelé que de nombreuses localités ne disposent pas d’un surplus d’énergie, de logements ou même d’infrastructures d’eau potable pour accueillir de nouveaux projets d’envergure.
Les trois premiers ministres ont aussi renouvelé l’Accord de coopération nordique, une entente de cinq ans visant à renforcer la collaboration entre les territoires et à présenter une voix commune auprès du gouvernement fédéral. Le Nunavut assumera la présidence du Forum en 2027.
À Hay River, le message envoyé à Ottawa était donc simple : parler de souveraineté arctique ne suffit plus. Pour les premiers ministres du Nord, cette souveraineté devra se mesurer dans les communautés, les emplois, les contrats, les routes, l’énergie et les services de santé.
