Un forum des candidat.e.s a été organisé le 6 octobre, afin d’aider l’électorat à départager les 21 personnes qui se sont présentées pour occuper l’un des huit sièges de conseillers municipaux à la Ville de Yellowknife. Environ une centaine de personnes ont fait le déplacement, et se sont présentées au gymnase de l’école William McDonald. Une autre centaine d’inscrit.e.s ont suivi le forum en ligne.
L’évènement a été organisé par Open NWT, un organisme citoyen, dont le but est de rendre plus accessibles des données gouvernementales publiques, parfois difficile à comprendre. Justement, étant donné le nombre de candidat.e.s aux élections prochaines, et afin de cerner les projets de chacun d’entre eux, l’organisme a invité tous les candidat.e.s, ainsi que la population, à se rejoindre dans l’enceinte de l’école secondaire. Il s’agissait également de mettre un visage sur les 21 noms annoncés.
De nombreuses questions ont été posées par les citoyens via une plateforme en ligne, et le forum devait permettre d’y répondre. Un marathon de deux heures, où chacun a eu l’occasion de se présenter, de donner son point de vue sur différents sujets, et de répondre aux questions posées d’avance par le public.
Selon David Wasylciw, fondateur de Open NWT, l’évènement a été un succès : « Nous avions déjà organisé ce type d’évènement, avec les élections générales de 2019, a-t-il d’abord rappelé. Ceci est un évènement très différent. Personne n’a pris les devants pour le faire, donc nous nous en sommes occupés. Nous avons reçu beaucoup de soutien de la part de la communauté, de l’école, de la ville, pour les chaises et l’espace offert par le gymnase. C’est un effort communautaire et c’est pour cela que ça a fonctionné. » Il a ajouté que, « de mémoire », jamais aucune élection municipale n’avait mobilisé autant de candidat.e.s.
21 candidat.e.s à l’élection municipale du 19 octobre sont allé.e.s à la rencontre des votant.e.s de Yellowknife, afin de proposer leurs projets et leurs idées s’ils sont élus en tant que conseillers municipaux.
Mettre un visage sur les noms
La première étape pour les personnes organisatrices de l’événement était d’identifier chaque candidat. Ceux-ci ont donc été invités à se présenter, et à dire en quelques mots, quels sont leurs projets, et pourquoi ils se présentent comme membres du conseil municipal. Ont ensuite suivi une série de questions tournant autour d’enjeux comme le logement, l’accès à des terres afin de bâtir de nouvelles habitations, ou encore de gestion du budget. Chaque candidat a pu présenter ses idées, devant un parterre de citoyen.ne.s attentifs. Par exemple, à la question de savoir comment gérer le besoin de logements à Yellowknife, Donna Lee Demarcke a pensé proposer un terrain de zonage qui serait exploitable de multiples façons, et ainsi s’assurer que les premiers logements disponibles puissent accueillir plusieurs familles. Nazim Awan a indiqué de son côté que le manque de logements abordables est la principale raison pour laquelle les gens souhaitent passer de la location à l’achat d’une petite maison. Selon lui, il faudrait également décider de comment dynamiser le centre-ville. À la question de savoir comment protéger Yellowknife en pleine mutation économique, Tammy Soanes-White a lancé que Yellowknife devrait faire preuve de prudence, et ne pas trop puiser dans le budget de la municipalité : « Je pense qu’il y a eu beaucoup de déclarations et de promesses de la part du gouvernement fédéral, pour des infrastructures comme l’agrandissement de l’aéroport, ou encore pour les routes. Nous devons faire preuve de prudence, et garder à l’esprit que tout ce qui a été promis ou potentiellement proposé ne se concrétisera pas forcément », a-t-elle fait valoir. De nombreuses autres questions ont ainsi permis de mieux comprendre les aspirations des candidat.e.s et de faire la part des choses. À la fin de cet exercice, chaque candidat.e a été invité.e à conclure, en donnant les raisons pour lesquelles il faudrait voter pour eux, ce qui a marqué la fin de la soirée.
Je pense qu’avec un système d’affichage, on peut réaliser qui parle français, et réaliser les moments où on peut parler le français
Quid de la francophonie ?
Durant le Forum, aucune question du public n’a porté sur l’enjeu de représenter les onze langues officielles des TNO, ni de la place que pourrait avoir le français au sein de l’instance municipale. C’est donc en entrevue, après l’évènement, que deux candidats nous ont donné leur point de vue, en français, à ce sujet, Yannick D’Aigle et Fraser Fuite.
Le premier, candidat francophone aux prochaines élections, a mentionné ses origines acadiennes. Il considère que la communauté devrait s’affirmer dans l’espace public, et prendre sa place dans les débats. « La francophonie, c’est très important, a-t-il d’abord appuyé. La population de Yellowknife, comme telle, a comme langue maternelle, au-dessus de 4 % de personnes qui parlent le français. La population bilingue atteint 20 %, c’est presque une personne sur cinq qui habite dans la municipalité de Yellowknife », a dénombré le candidat. Il a affirmé que le fait d’être francophone ne se voit pas, et donc que les francophones sont une « minorité invisible », qui doit jouer du coude pour ne pas passer inaperçue : « Il faut démontrer qu’on a vraiment une communauté française ici à Yellowknife, et aussi dans les TNO, et nous assurer qu’on fait des activités ensemble. Pas juste à la Saint-Jean-Baptiste ou à certaines affaires qui se passent à travers la fête de la francophonie », a-t-il appuyé.
Bâtir un centre communautaire dédié à la francophonie serait avant tout, selon Yannick D’Aigle, une question de financement : « Il y a toujours une possibilité, mais c’est toujours une question de sous. Il faut regarder le budget, est-ce qu’il y a des partenariats qu’on pourrait faire avec la ville, avec le territoire, avec les gouvernements fédéraux, même aussi avec les entreprises ! C’est quand la dernière fois qu’on a vraiment fait une demande à une entreprise, de faire une assistance financière ou de temps, ou d’habileté pour faire une construction d’un projet quelconque ? », s’est interrogé le candidat, avant de dire que la communauté doit s’affirmer et pousser les dossiers qui lui tiennent à cœur, de manière à en faire une priorité, et mener à bien ses projets.
Afficher la langue parlée dans les commerces ?
De son côté, Fraser Fuite propose d’afficher dans les commerces la langue parlée par les employé.e.s : « Je pense que c’est très important d’avoir une ouverture à toutes les langues. Le français, tout spécialement, est parlé par une partie de la population ici, c’est aussi une langue nationale, et on doit valoriser ces choses », a-t-il d’abord indiqué.
« Il faudrait un système qui affiche les langues parlées, les langues dans lesquels les travailleurs sont confortables de parler et dans laquelle ils pourront offrir les services », a ensuite indiqué M. Fuite qui déplore le fait que parler français reste un acte invisible : « On ne sait pas qui parle français, a-t-il regretté. Je pense qu’avec un système d’affichage, on peut réaliser qui parle français, et réaliser les moments où on peut parler le français. » Pour ce qui est d’un centre communautaire francophone, le candidat dit ne pas être au courant des enjeux entourant sa construction dans la région, mais considère parler avec des représentants de la communauté francophone abrités par la Maison Laurent-Leroux de Yellowknife, afin d’en savoir plus, et éventuellement, apporter son soutien au projet.
Qui pour occuper les huit places du conseil municipal de la capitale ?
21 candidat.e.s se sont présenté-e-s afin d’occuper l’un des huit sièges au conseil municipal de la Ville de Yellowknife. Le vote se tiendra le 19 octobre. Voici les noms, par ordre alphabétique : Nazim Awan ; Adrian Bell; Keneisha Buddoo ; Roberta Marie Campbell ; Yanik D’Aigle ; Donna Lee Demarcke ; Cody Drygeese; Ryan Fequet; Jeremy Flatt ; Rob Foote (Robert Foote); Fraser Fuite ; Rylund Johnson; Roland Laufer; Steve Payne (Stephen Payne); Skye Plowman; Tammy Soanes-White; Vibhesh Tripathi ; Robert Warburton ; Gerri Whiteford (Geraldine Whiteford); Simon Whitehouse; Andy Young.
