le Vendredi 29 mai 2026
le Vendredi 29 mai 2026 15:04 Société

Insécurité et drogues à Yellowknife : la pression monte

La GRC a présenté plusieurs données lors de la rencontre publique, dont une hausse des accusations criminelles à Yellowknife. — Photo Cristiano Pereira
La GRC a présenté plusieurs données lors de la rencontre publique, dont une hausse des accusations criminelles à Yellowknife.
Photo Cristiano Pereira

À Yellowknife, la sécurité publique ravive les inquiétudes. Députés et ministre reconnaissent qu’il faudra agir à la fois sur la police, le logement et les services sociaux.

Insécurité et drogues à Yellowknife : la pression monte
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La criminalité, les drogues et le sentiment d’insécurité continuent de préoccuper des résident.e.s de Yellowknife. Lors d’une nouvelle rencontre publique organisée par les députés Kieron Testart et Robert Hawkins, des citoyen.ne.s ont interpellé la GRC et le ministre de la Justice, Jay Macdonald, sur la présence de drogues, les campements, les vols et la difficulté, pour certain.e.s, de se sentir encore en sécurité dans leur collectivité.

La GRC défend son bilan

Devant les citoyennes et citoyens au Tree of Peace Friendship Centre, la GRC a présenté plusieurs données sur ses activités. La GRC affirme avoir amélioré sa capacité de recrutement aux TNO, en faisant passer son taux de postes vacants de 33 % à 14 %, avec une tendance qui se rapprocherait maintenant de 10 %. Pour Yellowknife, la GRC a indiqué que le nombre d’appels de service avait peu changé entre 2024-2025 et 2025-2026. 

Dans le centre-ville, les plaintes liées à l’alcool et aux drogues seraient passées de 4 126 à 3 614. Le nombre d’accusations criminelles à Yellowknife est pour sa part passé de 299 à 352. La GRC a précisé que cette hausse ne signifie pas nécessairement que la criminalité a augmenté dans les mêmes proportions, mais peut aussi refléter une meilleure capacité d’enquête, davantage de signalements ou des dossiers plus solides.

Nous avons besoin de solutions sociales. 

— Kieron Testart, député de L’Assemblée Législative

Kieron Testart intervient lors de la rencontre sur la sécurité publique, avec Robert Hawkins à l’arrière-plan.

Photo Cristiano Pereira

Une réponse au-delà de la police

Joint par Médias ténois après la rencontre, le ministre Jay Macdonald affirme que les préoccupations entendues à Yellowknife rejoignent celles exprimées ailleurs aux Territoires du Nord-Ouest. « Les drogues et la criminalité nous touchent tous de façon importante », a-t-il déclaré.

Selon lui, le gouvernement doit maintenir la sécurité publique parmi ses priorités, tout en évitant de réduire la réponse à l’application de la loi. Le ministre parle d’une approche globale, qui doit tenir compte à la fois du travail policier, du logement, de l’itinérance, des traumatismes et de la santé.

« Nous allons continuer à travailler ensemble sur le volet du travail policier, mais aussi sur le volet social », a-t-il indiqué, en évoquant les défis liés à l’itinérance, aux traumatismes et aux besoins en santé.

Le social avant le judiciaire

Les deux députés à l’origine de la rencontre disent eux aussi que la sécurité publique ne peut pas être réduite à une question de police. Interrogé par Médias ténois, Kieron Testart a insisté sur les limites du système judiciaire lorsqu’il devient le dernier recours pour répondre à des besoins sociaux non comblés.

« Je ne veux pas de solutions policières. Robert ne veut pas de solutions policières. La GRC ne veut pas de solutions policières. Nous avons besoin de solutions sociales », a-t-il affirmé.

Selon lui, les besoins sont connus : logements de transition, options locales de traitement, soins tenant compte des traumatismes et meilleur accompagnement après les traitements. Il estime toutefois que la situation exige aussi, à court terme, une réponse policière plus forte.

« Malheureusement, nous sommes rendus au point où nous avons besoin de réponses policières plus fortes pour reprendre le contrôle », a-t-il ajouté.

Robert Hawkins partage cette lecture en deux temps : soutenir les personnes vulnérables, mais aussi donner aux policiers les outils nécessaires lorsqu’il y a des comportements criminels. Il rappelle que des personnes aux prises avec des dépendances, des difficultés de logement ou d’autres formes de précarité peuvent être exploitées par des réseaux criminels. « Il y a des prédateurs qui s’attaquent aux personnes vulnérables », a-t-il résumé.